L’honorabilité des députés de la présente législature a été entachée par des coups portés par deux de leurs collègues sur une femme, également parlementaire ! Du pain sur la planche, déjà saupoudrée, de l’actuel président de la deuxième institution du Sénégal. Amadou Mame Diop saura-t-il écarter les obstacles inattendus avec hauteur, pour espérer redorer le blason terni du pouvoir législatif ? Ce sera ça ou s’exposer à son tour et faire accuser leur mentor Macky de mauvais casting pour le choix porté sur sa personne.

Son installation au Perchoir de l’Assemblée nationale a coûté à leur groupe parlementaire une bravade de taille : celle de Mme Aminata Touré, leur tête de liste lors de la campagne des élections législatives du 31 juillet dernier. Elle  a choisi, depuis, de rester dans l’actuelle législature, au titre de députée non inscrite. Celle que l’on surnomme Mimi sera-t-elle virée de l’Hémicycle, comme le pensent et souhaitent bien de ses anciens compagnons, qui y travailleraient ? Pour sûr et de ce fait la présidence de Amadou Mame Diop démarre avec un dossier alambiqué, qui est celui de Mimi. Va-t-il cautionner et activer l’exclusion de celle qui dirigea leur liste aux dernières législatives ?

Et voilà que maintenant le cas de cette « dame de fer » est devenu secondaire, suite à la maltraitance physique subie dans l’Hémicycle par Mme Amy Ndiaye. Il s’y ajoute que les agresseurs de la faible femme sont devenus invisibles, malgré les plénières qui se poursuivent du côté de la place Soweto. Une autre affaire plus chaude que l’affaire Mimi, qui vient se greffer à la maltraitance de Mme Ndiaye. Autant d’impairs et imprévus   pour le président Amadou Mame Diop, peu connu avant son choix par la « seule constante » de l’heure, Macky Sall.

Pour certainement « plus jamais çà » à l’Hémicycle, le Président Diop a saisi le procureur au sujet de Massata Samb et Mamadou Niang du groupe parlementaire de Yewwi, qui ont attenté à l’intégrité physique de Mme Ndiaye. Cependant, il lui a été reproché d’avoir fait fi  de l’article 51 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, qui stipule  :  “Aucun député ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle qu’avec l’autorisation de l’Assemblée”. Le Président Amadou Mame Diop semble ainsi être allé très vite en besogne.

Il s’y ajoute que des députés, dont  Seydou Diouf du même groupe parlementaire que Dr Diop, prêchent pour que le malheur arrivé à Mme Amy Ndiaye soit réglé à l’interne ; c’est-à-dire sans l’immixtion du pouvoir judiciaire. Cependant, est-ce que ce n’est pas déjà un peu tard, pour qui sait que quand la machine judiciaire est enclenchée, ce ne sont pas les sentiments des justiciables qui peuvent la freiner ?

Le cas Amy Ndiaye se donne ainsi et aussi comme obstacle surgi devant le chemin du successeur de Moustapha Niasse à la tête de l’Hémicycle.

Un autre écueil que le « Docteur » Amadou Mame Diop devra savoir bien lever, pour espérer ne pas être emporté par une législature, qui dévie de la trajectoire de rupture que promettaient bien de ses actuels acteurs, tous bords confondus.

Ainsi donc le présent de l’actuelle législature est face à des travers inattendus. Ils le placent comme entre le marteau du pouvoir judiciaire, celui de la volonté d’aucuns de ses pairs et l’attente des Sénégalais, qui avaient voté et compté sur une assemblée de « rupture ». Et l’enjeu est taille, même pour le Président Macky Sall. Car si son choix Diop passe à côté de la plaque, c’est difficilement qu’il se défendra de ne pas s’être trompé de casting. Lui qui est juste à près d’un an de la fin de son actuel mandat.

A D BADER