Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) a annoncé une avancée médicale majeure. Ainsi, pour la première fois, un traitement contre le paludisme a été approuvé pour les nouveau-nés et les nourrissons de moins de cinq kilogrammes, une population jusqu’ici dépourvue d’options thérapeutiques sûres.
Jusqu’à présent, aucun traitement officiellement validé n’existait pour les bébés de moins de cinq kilos, contraignant les soignants à adapter de manière risquée des médicaments conçus pour des enfants plus âgés. Cette situation préoccupante appartient désormais au passé, grâce à une nouvelle formulation d’artéméther-luméfantrine, spécifiquement développée pour cette tranche d’âge vulnérable.
“Pour la première fois, un traitement contre le paludisme a été approuvé pour les nouveau-nés, comblant ainsi une lacune critique dans les soins”, s’est félicité Africa CDC dans un communiqué publié ce lundi.
La nouvelle formulation, soluble dans le lait maternel et au goût sucré, a été conçue pour répondre aux besoins spécifiques des nourrissons. Elle a été développée par la firme pharmaceutique suisse Novartis, en collaboration avec l’organisation Medicines for Malaria Venture (MMV), dans le cadre du consortium PAMAfrica.
Huit pays africains, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Malawi, le Mozambique, le Nigeria, la Tanzanie et l’Ouganda, ont activement participé aux essais cliniques, soulignant ce que le communiqué décrit comme “le leadership croissant de l’Afrique en matière d’innovation en santé”.
L’approbation de ce traitement par les autorités sanitaires suisses ouvre la voie à des autorisations accélérées dans les pays africains participants.
Cette avancée est d’autant plus cruciale que le paludisme demeure l’une des principales causes de mortalité infantile en Afrique. En 2023, selon l’Organisation des Nations unies, les enfants de moins de cinq ans représentaient près de 76 % des décès dus à la maladie sur le continent. Sur les 263 millions de cas de paludisme enregistrés dans le monde cette année-là, 246 millions concernaient l’Afrique, où l’on dénombrait également 569 000 des 597 000 décès recensés.
Africa CDC a salué cette percée comme “une étape essentielle pour protéger les plus vulnérables”, tout en soulignant l’importance de continuer à investir dans l’innovation et l’accès équitable aux traitements pour vaincre le paludisme.

