À l’heure où le changement climatique bouleverse les économies et les chaînes d’approvisionnement à travers le monde, les entreprises togolaises sont appelées à franchir un cap décisif : celui de la décarbonation. C’est l’un des messages forts portés lors de la conférence d’échanges stratégiques initiée par la coordination du Programme d’Appui à la Lutte contre le Changement Climatique en juin dernier, qui a réuni à Lomé vingt-huit (28) entreprises issues du secteur privé, du secteur public et des ministères concernés.

Selon Atsri Honam, expert en conservation et en gestion des aires protégées, il est important que les entreprises togolaises prennent sur elles de mieux contribuer à la lutte contre le changement climatique.

Pour l’expert, les entreprises togolaises se doivent de s’inspirer des exemples inspirants des autres pays. « Le changement climatique affecte directement les entreprises, notamment leurs actifs et leurs chaînes d’approvisionnement. Comprendre et intégrer les processus de décarbonation n’est plus une option, c’est une nécessité stratégique », explique-t-il.

La décarbonation : un investissement pour l’avenir

Pour mieux s’adapter aux enjeux climatiques actuels, il est essentiel que les entreprises s’approprient pleinement les démarches de décarbonation. Celles-ci constituent non seulement une réponse concrète à l’urgence environnementale, mais aussi une véritable opportunité de transformation durable.

La décarbonation commence par une évaluation rigoureuse des émissions de gaz à effet de serre générées par l’entreprise. Cette étape permet d’identifier les principales sources d’émissions et de mieux orienter les actions à entreprendre. Vient ensuite la mise en place de solutions concrètes pour réduire ces émissions, telles que l’optimisation des procédés, l’efficacité énergétique ou encore le recours aux énergies renouvelables. Enfin, les émissions résiduelles peuvent être compensées, notamment par le financement de projets carbone, comme la reforestation ou la restauration d’écosystèmes.

Engager une telle démarche, c’est faire le choix d’un avenir plus résilient, compétitif et respectueux des limites planétaires.

Pour Atsri Honam, l’intérêt pour les entreprises est double : sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement et améliorer leur compétitivité. Il cite l’exemple du karité, dont la baisse de production impacte directement les sociétés qui l’utilisent comme matière première. « Des entreprises comme Nestlé ont compris très tôt l’enjeu et investissent dans des projets d’adaptation pour protéger la production de cacao ou d’autres cultures stratégiques », illustre-t-il.

Des bénéfices financiers et commerciaux

« S’engager dans la décarbonation ne relève pas uniquement d’un geste écologique. Cela ouvre aussi l’accès à des marchés financiers, à des prêts concessionnels et à des subventions. De grandes firmes internationales comme Microsoft s’inscrivent déjà dans des objectifs nets zéro -zéro émission nette pour rester compétitives dans un environnement économique en mutation rapide. », ajoute t-il.

Au Togo, l’enjeu est aussi de renforcer la transparence et la communication des entreprises autour de leurs actions climatiques. Cette démarche, selon l’expert, conditionne leur capacité à s’adapter à un marché mondial où les critères environnementaux pèsent de plus en plus lourd dans les décisions commerciales et financières.

Le message adressé aux entreprises togolaises est clair : adopter dès maintenant des stratégies de durabilité et de décarbonation est la meilleure garantie pour sécuriser leurs ressources, réduire les risques liés au climat et s’ouvrir à de nouvelles opportunités économiques. Comme le résume Atsri Honam, « la décarbonation n’est pas seulement une obligation environnementale, c’est une assurance pour la survie et la prospérité de nos entreprises dans les décennies à venir».

Source : vert-togo.tg