Les derniers audits de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) dévoilent une série d’irrégularités et de pratiques frauduleuses dans plusieurs institutions publiques, confirmant les révélations du quotidien Libération parues ce lundi.
Selon le rapport, un véritable pacte mafieux aurait été noué entre certaines entreprises et administrations publiques, notamment à l’Anacmu, au Crous de Bambey et à la mairie de Touba Mosquée, afin de “capter” les demandes de renseignements et de prix (DRP).
Les auditeurs citent des cas ubuesques : un marché de fournitures de bureau attribué à un garage automobile, un contrat de travaux d’un montant de 702,4 millions de F CFA confié à une société spécialisée dans la vente de marchandises, ou encore une entreprise de légumes consultée pour des travaux publics. À la ville de Dakar, les inspections évoquent un “surplus” de 2,187 milliards de F CFA et une gestion assimilée à une bamboula budgétaire.
Les anomalies ne s’arrêtent pas là. À l’Anpectp, deux “cascadeurs” auraient été utilisés pour donner un faux vernis de transparence à des marchés déjà truqués, tandis qu’un contrat d’un an a été signé pour l’organisation de la Semaine de la Petite Enfance dans des conditions jugées irrégulières.
Au ministère de l’Eau et de l’Assainissement, l’audit évoque l’existence d’un cartel d’entreprises contrôlant les marchés liés à la lutte contre les inondations.
L’affaire du lycée de Sandiara illustre également la dérive : une saignée de 3,249 milliards de F CFA aurait été constatée pour un établissement jamais achevé, sur fond de collusion frauduleuse entre soumissionnaires.
Enfin, à la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le marché de la Tour des Mamelles aurait explosé à 103,8 milliards de F CFA après plusieurs avenants controversés. Le rapport met en cause le groupe Sertem, accusé de détournement de recettes, tandis que le Fonsis aurait tenté d’écarter les auditeurs en invoquant ses textes internes.

