Jadis alliés indéfectibles, Khalifa Sall et Barthélémy Dias ne parlent plus le même langage. Leur collaboration, autrefois centrale dans la gestion de la mairie de Dakar, s’est brutalement effondrée ces dernières semaines sur fond de désaccords politiques et de querelles d’influence.
Le point de rupture remonte à la nomination de Ngoné Mbengue comme maire intérimaire en décembre 2024, une décision prise conjointement par les deux hommes. Mais très vite, Barthélémy Dias s’oppose aux actions de l’intérimaire, notamment la révocation de proches qu’il avait nommés, ce qui marque le début de leur divergence.
Le 14 août, Barthélémy Dias aurait appelé Khalifa Sall pour lui signifier son retrait de soutien à Ngoné Mbengue, souhaitant désormais promouvoir son propre candidat, Pathé Ba. Quelques jours plus tard, dans une tentative de retarder le scrutin prévu pour élire le nouveau maire, Dias aurait demandé à Khalifa Sall de reporter l’élection, le temps que la Cour suprême statue sur son recours. Dans un premier temps, l’ex-maire de Dakar donne son accord… avant de se rétracter quelques heures plus tard.
Selon Jeune Afrique, c’est cette volte-face, annoncée dans la nuit par Khalifa Sall aux émissaires de Dias, qui sera vécue comme une « trahison » par ce dernier. Moins de 48 heures plus tard, Barthélémy Dias convoque une conférence de presse pour appeler au boycott de la séance électorale. En vain : le vote a bien lieu.
Dans ce climat de tension entre anciens alliés, c’est le parti Pastef qui tire profit de la situation. Alors que Taxawu Sénégal disposait de 28 conseillers contre seulement 13 pour Pastef, Abass Fall a réussi à convaincre suffisamment d’élus pour obtenir 49 voix au total, et remporter ainsi la mairie.
Avec Jeune Afrique

