Face à la gravité de la situation, le gouverneur de la région de Kayes, le général de brigade Moussa Soumaré, a instauré un couvre-feu de 30 jours sur l’ensemble de la région, avec possibilité de reconduction. Cette mesure d’urgence vise à endiguer la menace et à sécuriser les populations locales.

Mais cette escalade de la violence inquiète aussi de l’autre côté de la frontière. Le Sénégal, dont l’économie est étroitement liée à celle du Mali par la route Dakar-Bamako, ressent déjà les effets de cette instabilité. Gora Khouma, secrétaire général de l’Union des transporteurs routiers du Sénégal (UTRS), a tiré la sonnette d’alarme lors d’une interview accordée à RFM.

« Ce que nous avons constaté est très préoccupant. Nous ne savons pas comment gérer l’avenir, car le Sénégal et le Mali sont étroitement liés. Si le Mali vit dans l’insécurité, c’est tout le transport sénégalais qui en souffrira, car le pays ravitaille aussi le Niger et le Burkina Faso », a-t-il déclaré.

Il a ainsi exhorté les transporteurs sénégalais à faire preuve de prudence et à suspendre, temporairement, les trajets vers le Mali, en attendant une amélioration de la situation sécuritaire. Pour les professionnels du secteur, la route Dakar-Bamako représente un axe vital pour l’acheminement de marchandises, non seulement vers le Mali, mais aussi vers d’autres pays enclavés de la sous-région.

Alors que les autorités sénégalaises restent pour l’instant prudentes dans leur communication, les opérateurs économiques redoutent une paralysie prolongée des échanges commerciaux. La situation est suivie de près, tant par les autorités que par les acteurs du secteur du transport, qui espèrent un rétablissement rapide de la sécurité dans la région.