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Excellence,

Le Syndicat Unique des Travailleurs de la Santé et de l’Action Sociale (SUTSAS) a toujours
prôné un changement de paradigme dans la gestion des politiques sociales c’est-à-dire, passer
de l’assistanat à une véritable intervention sociale orientée vers l’autonomisation des
bénéficiaires. Cette vision, après de longues luttes, avait conduit à l’organisation des Assises
nationales de l’Action sociale en 2008.
Ces Assises avaient produit les recommandations majeures suivantes :

  • l’adoption de la Loi d’orientation sociale,
  • la ratification de la Charte internationale des droits des personnes handicapées,
  • la création d’un fonds dédié au financement de projets « bancables » des personnes en
    situation de handicap,
  • le vote de la Loi d’orientation familiale.
    Force est de constater que, malgré quelques avancées (ratification et adoption de lois), le bilan
    est resté largement insuffisant, quatorze années après.
    Sur une cible estimée à 2,7 millions de personnes handicapées, selon les standards de l’OMS,
    seules 100 000 ont bénéficié de la carte lancée depuis 2014
    Aujourd’hui, grande est notre déception en voyant l’Action sociale de nouveaux détachée de la
    Santé après 14 ans d’intégration.
    Cette migration institutionnelle traduit, selon nous, une absence de vision stratégique et de la
    complémentarité intrinsèque entre Santé et Action sociale. L’expérience a pourtant démontré
    que laissés sans ressources humaines qualifiées, sans moyens financiers et logistiques, les
    Centres de Promotion et de Réinsertion Socialement (CPRS) étaient traités en parents pauvres
    marginalisés. Alors qu’ils auraient dû jouer un rôle de proximité comparable à celui des districts
    sanitaires.
    Nous rappelons que la création, en 2012, d’une Direction générale de l’Action sociale à côté de
    celle de la Santé constituait une avancée majeure dans la mise en cohérence. Mais les multiples
    « doublons » institutionnels à savoir la délégation à la solidarité nationale, le ministère du
    Développement communautaire, celui de la Famille, ont affaibli cette dynamique en dépouillant
    progressivement l’Action sociale de ses leviers d’action.
    Aujourd’hui, le retrait de l’Action sociale du MSAS apparaît comme un pas en arrière vers son
    éclatement et sa marginalisation.
    Cette décision risque d’avoir entre autres conséquences :
  • la compromission de l’intégration des déterminants sociaux dans les politiques de santé,
  • le retard dans la mise en œuvre effective des droits prévus par la Loi d’orientation
    sociale de 2010,
  • davantage de fragilisation des populations vulnérables qui comptaient sur une approche
    globale, inclusive et intégrée.
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    Nous réitérons qu’un budget véritablement social, orienté vers l’autonomisation des cibles que
    sont les enfants, les femmes, les personnes âgées, handicapées et vulnérables, doit être pensé et
    géré par des travailleurs sociaux, tout comme la sécurité revient aux policiers et gendarmes.
    Monsieur le Premier Ministre, l’histoire retiendra que les retards dans le développement social
    du Sénégal ne sont pas dus à un défaut de textes ou de bonnes intentions, mais à une instabilité
    institutionnelle chronique, des chevauchements administratifs et à une absence de moyens
    accordés à l’Action sociale.
    Nous en appelons à une revalorisation urgente de ce secteur par la prise d’actes tels que :
  1. Le repositionnement de l’Action sociale comme pilier transversal des politiques
    publiques.
  2. Le renforcement du budget de la DGAS, aujourd’hui limité à 3,5 milliards FCFA sur
    5000.
  3. La relecture de la Loi d’orientation sociale et familiale, ainsi que l’adoption des textes
    attendus sur la médecine traditionnelle et la transfusion sanguine.
  4. La territorialisation effective des interventions sociales, en cohérence avec l’Agenda
    National de Transformation.
    Excellence, l’Action sociale n’est pas une variable d’ajustement institutionnel. Elle est un levier
    de stabilité nationale et un facteur de dignité humaine. Par conséquent, elle ne saurait être un
    appendice du Ministère de la famille dont les principales composantes constituent ses
    principales cibles naturelles..
    Nous espérons de l’État un budget plus social et dénonçons la dispersion de l’Action sociale
    dans des portefeuilles ministériels épars. Nous exhortons le gouvernement à revenir aux
    fondamentaux en donnant à l’ACTION SOCIALE REMEMBRÉE sa place stratégique et aux
    travailleurs sociaux la mission qui leur revient, pour bâtir une société solidaire, juste et
    inclusive.
    Fait à Dakar, le 7 septembre 2025
    Mballo Dia THIAM
    Dr Honoris causa
    MBA/ISM
    Chevalier de l’Ordre national du Lion
    Diplômé du CEDS
    Secrétaire général national du SUTSAS
    Président de l’ASAS AND GUEUSSEUM