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L’agriculture sénégalaise est à la croisée des chemins. Face à une population qui va doubler d’ici 2050, elle doit relever un triple défi : assurer la sécurité alimentaire, créer des emplois pour la jeunesse et préserver les écosystèmes. Pour répondre à cette équation complexe, un nouveau rapport, co-publié par le CIRAD, la FAO et l’ISRA, propose une analyse prospective intitulée AgroEco2050-Sénégal.

Ce rapport explore trois scénarios d’évolution de l’agriculture sénégalaise, offrant une feuille de route pour les décideurs. L’objectif est de fournir des données concrètes pour orienter la future Stratégie Nationale de Souveraineté Alimentaire (SNSA).

Trois visions pour l’avenir de l’agriculture

Le rapport, fruit d’un travail collaboratif avec une vingtaine d’experts (chercheurs, agriculteurs, représentants de ministères et d’ONG), présente des visions contrastées pour l’agriculture de demain :

  1. Le scénario Agroécologique (AE) : Ce modèle mise sur une intensification de la production par la mobilisation d’une plus grande force de travail et l’utilisation de processus écologiques. Il vise à réduire la dépendance aux intrants industriels et à restaurer les terres dégradées.
  2. Le scénario Agro-industriel (AI) : Cette approche privilégie l’utilisation d’intrants industriels pour maximiser les rendements. L’augmentation des surfaces par agriculteur permet d’atteindre une production de masse, mais bénéficie à un nombre plus restreint d’acteurs.
  3. Le scénario de Coexistence verte : Ce scénario intermédiaire propose une voie de compromis, combinant des éléments des deux modèles pour un développement plus équilibré.

« La principale différence entre ces scénarios est la mobilisation, dans le scénario agroécologique, d’une plus grande force de travail, des processus écologiques permettant de réduire les intrants industriels et de plus de terres en restaurant notamment des terres dégradées », explique Cheickh Sadibou Fall, chercheur à l’ISRA et co-auteur du rapport.

Des implications stratégiques pour l’emploi et le développement

Les deux scénarios, l’agroécologique et l’agro-industriel, ont été analysés sous l’angle de l’emploi, de l’utilisation des sols et du PIB, afin de vérifier leur cohérence et d’évaluer leurs implications politiques. Le rapport souligne qu’un point commun demeure essentiel : l’augmentation du revenu des agriculteurs. C’est une condition nécessaire pour rendre le secteur attractif aux jeunes générations.

L’étude révèle également un manque de connaissances sur certains aspects essentiels à la mise en œuvre de ces visions, ce qui souligne la nécessité de renforcer la recherche et le développement.

Ces travaux de prospective serviront à l’élaboration d’une nouvelle stratégie nationale pour l’agroécologie et l’agriculture biologique au Sénégal. Une initiative qui, selon Anne-Sophie Poisot de la FAO, est un pas de plus vers une agriculture plus durable et résiliente, au service de la souveraineté alimentaire du pays.

Cette question est d’une actualité brûlante : quel modèle agricole permettra au Sénégal de nourrir ses habitants, de donner du travail à sa jeunesse et de préserver son environnement ?