L’homme d’affaires Mouhamad Dieng est au cœur d’un vaste scandale financier. Selon un rapport confidentiel de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), transmis aux autorités judiciaires et consulté par Seneweb, il est soupçonné d’avoir mis en place un réseau complexe de blanchiment de capitaux et de fraude fiscale, impliquant plusieurs sociétés et sa fondation personnelle.
Le rapport pointe du doigt des liens étroits avec la LONASE, notamment via des contrats conclus sans respecter les règles des marchés publics. En 2023, la société MIR Holding, contrôlée par Dieng, aurait loué six immeubles à la LONASE. En 2024, une autre entreprise, MD Global Business Service, aurait perçu plus de 17 millions FCFA pour la location de véhicules.
Par ailleurs, la société Service Online International SA (ex-BET Online), exploitant la marque 1XBET Sénégal, aurait manipulé de forts volumes financiers hors du système de centralisation de la LONASE, compromettant ainsi la traçabilité des transactions.
Malgré un revenu déclaré de 1,5 million FCFA par mois, Mouhamad Dieng disposerait d’un patrimoine estimé à plusieurs milliards : immeubles de standing à Dakar et Saly, terrains à Touba Toul, 45 véhicules, et un matériel de sonorisation payé en numéraire pour 250 millions FCFA. Des soupçons pèsent aussi sur la remise de voitures de luxe à des responsables de la LONASE.
Le rapport évoque également l’usage de la Fondation Mouhamad Rassoul Dieng comme outil de blanchiment par intégration sociale, notamment à travers la distribution d’enveloppes filmées à d’anciens détenus. Ces dons, présentés comme des actions caritatives, serviraient à donner une image légitime à des fonds d’origine douteuse.
Enfin, l’étude notariale Diop & Dièye est citée pour avoir centralisé, sur un compte à la banque UBA, plus de 3,8 milliards FCFA provenant des activités de Mouhamad Dieng. La CENTIF parle d’une activité bancaire déguisée et reproche au notaire un manquement grave à ses obligations de vigilance, pouvant en faire un complice.
Le rapport conclut que l’ensemble des flux financiers, acquisitions et montages juridiques mis en place correspondent aux critères légaux d’un système de blanchiment de capitaux, en référence à la loi n°2024-08 du 14 février 2024.

