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Journée sous haute tension à Antananarivo : dans la capitale malgache, les sirènes et les tirs continuaient de retentir dans le centre-ville à la mi-journée, ce 25 septembre 2025. Les rassemblements pacifiques de protestation contre les coupures d’eau et d’électricité sont réprimés par des tirs de bombes lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Après une journée à avoir été la cible des forces de l’ordre, les protestations semblent prendre une autre tournure : pillages de magasins et incendies de symboles du pouvoir.

« De l’eau, de l’électricité, c’est tout ce qu’on vous demande ! », hurle cet homme aux forces de l’ordre. « Laissez-nous réclamer nos droits ! »  Les manifestants brandissent des drapeaux malgaches, et puis bien sûr, des drapeaux noirs, avec au centre, le logo One Piece, cette tête de mort devenue symbole des contestations anti-régime ces dernières semaines au Népal, coiffée cette fois d’un chapeau malgache.

Un important dispositif de forces de l’ordre mixte a été dépêché et quadrille tout le centre-ville depuis 05h30 ce jeudi matin. Chaque ruelle de la capitale de Madagascar, chaque artère de la capitale permettant de rejoindre la place d’Ambohijatovo, est cernée par un très important cordon de sécurité. Impossible pour les manifestants de rallier le lieu de rassemblement.

Par petits groupes d’une centaine de personnes, les manifestants essaient donc de trouver une brèche, et rappellent aux forces de l’ordre, à chaque barrage, qu’ils manifestent pacifiquement et ont le droit d’exprimer leur mécontentement. Sur les banderoles, les pancartes, on peut lire : « Laissez-nous faire entendre nos droits », « Stop à une vie faite de bidons jaunes et de noirceur », « Nous ne voulons pas de troubles, nous voulons juste nos droits ».

« On était pacifiques et on nous tire dessus ! »

Mais dès 10h45 locales, les premiers tirs de gaz lacrymogènes retentissent. Des hommes entièrement cagoulés de l’unité de la gendarmerie GSIS foncent en 4×4 blanc et tirent sur les protestataires.

Au cœur du centre-ville, un épais nuage blanc flotte sans vouloir se disperser. Les rares passants pleurent. À 15h00, heure locale, les forces de l’ordre continuent à tirer des dizaines de cartouches de gaz pour faire fuir les manifestants. « Regardez, pleure une jeune étudiante, moi, je suis venue les mains vides, juste avec cette pancarte où j’ai écrit : « On en a marre », en malgache. On était pacifiques et on nous tire dessus ! Il faut que le monde sache ce qu’ils nous font ! »

Dans les mains d’une sexagénaire, une pancarte en carton avec écrit, « Nous ne voulons pas de troubles, nous voulons juste nos droits ». Elle n’avait, assure-t-elle, plus manifesté depuis 2009 : « J’ai décidé de redescendre dans la rue parce que c’est devenu insupportable. Le mode de fonctionnement, c’est l’arbitraire, c’est la corruption, c’est le manque de transparence de nos dirigeants, et ça, ce n’est plus acceptable. »

La maison d’une sénatrice proche du président en feu

En fin d’après-midi, des barrages ont été installés à presque tous les carrefours de la ville. Bennes à ordure retournées, pneus en feux. La population semble être à bout et exprime son mécontentement.

De grandes enseignes d’alimentation et d’électroménager ont été pillées. Plusieurs stations du téléphérique flambant neuves brûlent.

Au moins deux maisons de personnalités politiques proches du pouvoir ont été incendiées. La maison de la sénatrice Lalatiana Rakotondrazafy est en feu. Cette très proche d’Andry Rajoelina, ancienne ministre, connue pour ses sorties médiatiques pro-Rajoelina, fait partie des personnalités les plus visées par le mouvement Gen Z, qui soutient ardemment la manifestation. Ces derniers jours, son adresse ainsi que celles d’autres personnalités du pouvoir avaient été diffusées massivement sur les réseaux sociaux.

Une dizaine de blessés a été recensée. En ville, les tirs continuent de résonner.

RFI