Lors d’un panel organisé dans le cadre du Congrès international SOSECAR, les acteurs de la santé ont dressé un état des lieux préoccupant de l’équité et de l’accès aux soins de qualité pour les patients atteints de maladies cardiovasculaires. Tous ont souligné la cherté de la prise en charge et ont interpellé l’État sur la nécessité d’assouplir les coûts médicaux pour rendre les traitements plus accessibles.

Le Dr Mamadou Dieng, conseiller technique au ministère de la Santé, a révélé que seulement un demi-milliard de francs CFA est actuellement consacré à la prévention. Un montant jugé dérisoire au regard du poids croissant des maladies cardiovasculaires. Selon lui, un leadership politique fort est indispensable pour obtenir des financements plus conséquents, notamment pour soutenir les structures sanitaires des zones décentralisées.

Le spécialiste plaide également pour une augmentation du budget de la santé, afin d’aligner les moyens sur les besoins réels du secteur. Il encourage par ailleurs les acteurs à explorer les financements de masse et à s’appuyer sur des données fiables pour faciliter la recherche et optimiser les stratégies de prévention.

Les discussions se poursuivront jusqu’au 3 décembre avec plusieurs thématiques majeures : la tabacomanie, les cardiomyopathies héréditaires, ou encore l’impact de l’intelligence artificielle dans la transformation de la cardiologie africaine.

Un accent particulier sera mis sur la cardiologie de précision, un domaine en pleine expansion. Les experts analyseront le rôle des biomarqueurs d’imagerie et de la rythmologie, devenus essentiels pour affiner les diagnostics et adapter les traitements aux profils individuels des patients.

Ces réflexions devraient contribuer à tracer une voie vers une prise en charge plus moderne, plus équitable et mieux adaptée aux défis spécifiques du continent africain.

Par Ndoura Gobéïa