Record de fréquentation, retombées économiques exceptionnelles et partenariats internationaux de 600 millions de dollars, le Sénégal a su transformer cet événement en un succès diplomatique et financier majeur.
Au-delà de son succès diplomatique et organisationnel, l’édition 2025 de l’Africa Food System Forum (AFS) s’impose comme un véritable catalyseur économique pour le Sénégal. Avec plus de 6 100 participants dont 3 000 internationaux, cet événement a généré un impact financier exceptionnel de plus de 11,2 milliards de francs CFA injectés directement dans l’économie nationale, selon le ministre de l’Agriculture, Dr Mabouba Diagne.
Pour un investissement public de seulement 500 millions de francs CFA, le pays de la Teranga a obtenu un retour sur investissement supérieur à 2 000 %, a fait savoir Dr Diagne.
Par ailleurs, s’est-il félicité, le pari du « Made in Sénégal » s’est révélé payant au-delà des espérances. Plus de 500 PME sénégalaises ont été mobilisées pour produire l’ensemble des infrastructures du Forum, des stands au mobilier en passant par les équipements spécialisés. Cette approche, initialement perçue comme risquée, a permis de valoriser l’expertise locale tout en renforçant les chaînes de valeur nationales.
Des engagements financiers internationaux considérables

L’impact économique ne se limite pas aux dépenses immédiates des participants. Le Forum a été le théâtre de la signature de conventions de partenariat représentant plus de 600 millions de dollars d’engagements financiers pour les années à venir.
Ces accords incluent notamment 250 millions de dollars mobilisés avec le Fonds international de développement agricole (Fida) et le secteur privé italien, 130 millions de dollars via le Fonds de solidarité africain (FSA) de la Banque mondiale, et 120 millions de dollars pour le Projet d’Appui à la Souveraineté Alimentaire (PASS) avec le Fida.
S’y ajoutent des coopérations bilatérales stratégiques avec l’Ouganda et l’Afrique du Sud pour renforcer l’autosuffisance en lait et en viande rouge, ainsi qu’un partenariat avec la Bill Gates Foundation couvrant la santé animale, la production laitière et la digitalisation de l’élevage.
Ces financements internationaux viennent compléter l’effort budgétaire national, le Sénégal ayant alloué un budget record de 130 milliards de francs CFA à l’agriculture en 2025.
Une vitrine technologique et organisationnelle
Le Forum, organisé conjointement entre le Centre international de conférence Abdou Diouf de Diamniadio et le Centre des expositions de Diamniadio, mitoyens, a démontré la capacité logistique et institutionnelle du Sénégal à accueillir des rencontres internationales d’envergure.
Pour le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Souveraineté alimentaire, Dr Mabouba Diagne, cet événement a servi de « dry run grandeur nature pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse à venir », validant l’excellence organisationnelle du pays sur la scène internationale.
Le thème central de cette édition, « La jeunesse africaine : fer de lance de la collaboration, de l’innovation et de la transformation des systèmes alimentaires africains », été décliné de manière stratégique dans tous les panels. Des échanges directs entre chefs d’État et jeunes leaders ont permis des discussions franches, orientées vers les solutions.
Pathé Sène, Directeur du Forum, a salué une jeunesse « décomplexée, ambitieuse, capable de nourrir l’Afrique par l’Afrique. »
Une dynamique continentale portée par Dakar
Le Forum ministériel a rassemblé plus de 60 ministres de l’Agriculture venus d’Afrique, d’Europe, d’Asie et du monde arabe, consacrant Dakar comme capitale continentale de la réflexion sur les systèmes alimentaires.
L’objectif affiché de cultiver 12 mois sur 12, de maîtriser l’eau, de renforcer les semences locales et de promouvoir l’agriculture familiale trouve dans le modèle sénégalais des coopératives agricoles communautaires et des fermes agroécologiques une illustration concrète appelée à se déployer à grande échelle.
L’événement a également permis de saluer le leadership de personnalités africaines telles que le Président de la République de Tanzanie, Son Excellence Kukete, et l’ancienne Première Ministre éthiopienne Aïla Mariam, ainsi que de récompenser les lauréats des Prix africains du système alimentaire, dont le Professeur Meri et le Dr Nessi.
Au sortir de ce sommet, les organisateurs ont lancé un appel à la mobilisation soulignant que la transformation durable des systèmes alimentaires africains nécessite une coopération triangulaire entre gouvernements, secteur privé et société civile. « Il n’y a pas de manque d’argent dans ce monde — ce qu’il faut, ce sont des idées claires et une volonté affirmée », a conclu Pathé Sène.
APA
