L’intervention, coordonnée par la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) et la Brigade Fluvio-Maritime de la police de Bargny, fait suite à un renseignement faisant état d’un départ imminent vers l’Europe par voie maritime.

Les forces de l’ordre ont agi en deux temps : 78 migrants ont été arrêtés directement sur l’embarcation, tandis que 31 autres ont été interpellés à terre, aux abords du poste de police de la commune. Cette action coordonnée s’inscrit dans le cadre d’une stratégie nationale visant à freiner l’émigration clandestine, phénomène récurrent sur les côtes sénégalaises.

Le groupe arrêté illustre la diversité des nationalités attirées par la périlleuse route migratoire atlantique : 75 Sénégalais, 31 Guinéens; 2 Maliens et 1 Nigérien.

Selon les premiers éléments de l’enquête, chacun des migrants aurait déboursé entre 300 000 et 600 000 francs CFA (environ 450 à 900 euros) pour financer cette traversée illégale. Des sommes considérables au regard de la précarité de leurs conditions de voyage.

Bloqués pendant deux jours sur la pirogue en raison d’un problème de ravitaillement en carburant, les candidats à l’émigration ont dû endurer des conditions d’attente éprouvantes. Les tensions internes, nourries par la promiscuité et l’incertitude, ont conduit plusieurs migrants à abandonner le navire pour regagner la terre ferme, une situation qui a facilité l’intervention des autorités.

En plus de l’interception des migrants, les forces de l’ordre ont mis la main sur deux organisateurs présumés de cette opération clandestine. Placés en garde à vue, ils font l’objet de poursuites pour association de malfaiteurs, trafic de migrants par voie maritime, escroquerie, et mise en danger de la vie d’autrui.

L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices et de démanteler l’ensemble du réseau responsable de cette tentative de migration illégale.