Le gouvernement nigérian a dénoncé, vendredi, un jugement d’un tribunal fédéral canadien classant certains partis politiques du pays comme organisations terroristes, qualifiant cette décision « d’ingérence inacceptable » et de « grave déformation » des faits.
Le gouvernement nigérian a vivement rejeté, vendredi, une décision d’un tribunal fédéral canadien assimilant deux des principaux partis politiques du pays à des « organisations terroristes », qualifiant ce jugement d’« ingérence inacceptable » dans ses affaires intérieures.
Selon un communiqué parvenu à APA, cette décision est liée à un dossier concernant Douglas Egharevba, ressortissant nigérian arrivé au Canada en septembre 2017 et demandeur d’asile. Abuja estime que cette classification, jugée « sans fondement », porte atteinte aux processus démocratiques du Nigéria.
Le ministère des Affaires étrangères critique une « accusation globale » visant l’ensemble des membres des partis cités – « dont l’un a produit trois présidents démocratiquement élus » – au lieu de cibler des individus. Une telle approche, poursuit le texte, est « trompeuse, dommageable et contraire aux faits », exposant chaque militant des formations en question à être potentiellement assimilé à un terroriste.
Le gouvernement rappelle que le Nigéria est un État souverain disposant d’un cadre juridique et constitutionnel robuste encadrant l’activité politique. Tous les partis enregistrés opèrent, selon Abuja, dans le respect de la loi, et aucune preuve crédible ne les relie au terrorisme. Lier des entités politiques légitimes à de telles accusations sans éléments probants constitue, pour les autorités, une « grave déformation » risquant de fragiliser les institutions démocratiques et d’attiser des tensions.
Abuja exhorte Ottawa à retirer cette désignation « erronée » et à s’abstenir de tout acte pouvant accréditer des « narratifs politiquement motivés ». Le Nigeria dit privilégier le dialogue via les canaux diplomatiques existants et invite à un engagement constructif avec ses institutions pour rectifier ce qu’il considère comme une erreur.
Les autorités réaffirment leur engagement dans la lutte contre le terrorisme et rappellent les progrès réalisés contre les groupes extrémistes à l’intérieur de leurs frontières. Elles demandent également aux citoyens de ne pas formuler d’allégations infondées pouvant ternir l’image du pays dans le cadre de demandes d’asile ou autres démarches auprès d’entités étrangères.
La Cour fédérale du Canada, présidée par la juge Phuong T.V. Ngo, a confirmé le refus d’asile à Douglas Egharevba, ancien membre du Parti démocratique populaire (PDP) et ex-militant du Congrès des progressistes (APC), formation politique de l’actuel président. La décision a entériné les conclusions de la Division d’appel de l’immigration selon lesquelles ces deux partis ont, sur plusieurs décennies, eu recours à des violences politiques, intimidations, fraudes électorales et assassinats pour accéder au pouvoir ou le conserver. Ces pratiques ont été qualifiées de « terrorisme » et de « subversion des institutions démocratiques » au sens de la loi canadienne, la cour estimant que l’adhésion seule à un parti impliqué suffit à rendre un individu inadmissible au Canada, indépendamment de son rôle personnel.
APA
