Si le Grand Magal de Touba est avant tout un événement religieux majeur, il constitue aussi un véritable levier économique. Selon une étude de l’Université Alioune Diop de Bambey, le pèlerinage génère environ 250 milliards de francs CFA (soit 380 millions d’euros) de retombées économiques.
Durant plusieurs jours, la ville sainte se transforme en marché géant, où les échanges explosent. Les commerçants de denrées alimentaires, textiles, téléphones ou ustensiles ménagers voient leur chiffre d’affaires tripler, parfois plus. Ce dynamisme commence plusieurs mois avant l’événement, avec une forte augmentation des importations de riz, sucre, huile, matériaux de construction.
Un fidèle dépense en moyenne 105 000 francs CFA (environ 160 euros) durant son séjour, répartis entre dons, achats et contributions aux familles d’accueil. En retour, les ménages toubois investissent massivement pour recevoir les visiteurs, avec une dépense moyenne de 1,4 million de francs CFA (environ 2 130 euros) par foyer.
Le secteur du transport profite également du Magal, avec une hausse des prix et une demande record sur les cars, bus, taxis et véhicules de location. La diaspora mouride, très impliquée, envoie d’importants transferts financiers pour soutenir familles et structures d’accueil.
En 2025, une nouvelle enquête conjointe des universités de Bambey et de Touba vise à actualiser ces chiffres. Elle devrait intégrer l’impact du Magal sur l’énergie, la santé, l’agroalimentaire et l’environnement, confirmant l’importance de cet événement non seulement spirituel, mais aussi économique et social.

