Après plusieurs années de mobilisation citoyenne pour réclamer justice en faveur des victimes des manifestations politiques survenues entre 2021 et 2024, l’État du Sénégal semble amorcer un tournant. L’Initiative Zéro Impunité (IZI) a annoncé avoir reçu une réponse officielle du ministère de la Justice, signe d’une possible levée du voile sur les nombreux crimes restés impunis.
La réaction de l’exécutif fait suite à une lettre adressée au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, dans laquelle l’organisation interpellait les autorités sur l’absence de poursuites judiciaires concernant des faits graves : meurtres, assassinats, tortures, traitements inhumains et disparitions forcées.
Dans une correspondance datée du 1er août 2025, signée par le ministre de la Justice Ousmane Diagne, le ministère informe que la lettre de l’Initiative a bien été transmise par le ministre Directeur de Cabinet du président de la République.
Dans sa réponse, le ministre indique avoir saisi le Procureur général près la Cour d’appel de Dakar afin d’initier des poursuites sur les crimes commis durant les manifestations. Une avancée saluée par IZI comme un « signal fort » des nouvelles autorités, témoignant d’une volonté de rompre avec l’impunité et de rétablir la confiance entre les citoyens et leur justice.
Malgré cette avancée, Pape Abdoulaye Touré, membre fondateur de l’Initiative Zéro Impunité et lui-même victime de torture, appelle à la vigilance . « La vraie justice se mesure dans l’action concrète. Nous suivrons avec attention la suite donnée à cette saisine », a-t-il écrit.
En parallèle, l’Initiative annonce la création imminente, en partenariat avec Amnesty International Sénégal et d’autres organisations de défense des droits humains, d’un collectif d’avocats. Ce pôle proposera une assistance juridique gratuite aux victimes et aux familles dès le lancement officiel de la procédure judiciaire.
L’Initiative Zéro Impunité conclut son communiqué par un appel solennel à l’ensemble du peuple sénégalais, aux familles de victimes, aux rescapés et aux organisations locales et internationales : « Unis, nous devons refuser l’oubli, refuser le silence, et refuser l’impunité. »

