NB : le tire est de la rédaction
Aujourd’hui, je voudrais partager avec vous mes réflexions et/ou observations sur les deux sujets suivants.
- Certains sénégalais ont désapprouvé les propos tenus par le Premier ministre lors de sa sortie du 1ier juillet 2025 après le rejet de la requête en rabat d’arrêt contre sa condamnation dans l’affaire qui l’oppose à Mame Mbaye Niang. Le PM a parfaitement raison de se plaindre car il a été condamné par des juges instrumentalisés qui savaient pertinemment que le rapport de l’IGF existait.
Il faut savoir distinguer les critiques contre la Justice de ceux contre des Juges qui acceptent d’être corrompus ou d’être manipulés par les tenants du pouvoir exécutif pour prendre des arrêts manifestement injustes, et de ceux contre des Procureurs de la République qui n’assument pas leurs responsabilités face à des crimes et délits qui requièrent sans aucun doute de sérieuses enquêtes et qui se comportent comme de vulgaires loyalistes (Voir notre article « Loyauté et loyalisme » publié le 20 novembre 2023). Il est évident que la crise morale qui n’a épargné aucun Organisme étatique a fait et est en train de faire ses mauvais effets au sein du Pouvoir judiciaire. - Quelqu’un peut-il me dire où est-ce qu’on en est avec cette vérité dont la recherche avait fait au moins l’unanimité de tous les sénégalais qui ne sont pas impliqués dans les crimes imprescriptibles commis entre 2021 et 2024 (les « crimes contre l’humanité » prévus par l’article 7 du Statut de Rome) ?
J’ai l’impression qu’après la décision no1/C/2025 du 23 avril 2025 du Conseil constitutionnel, les ardeurs pour faire surgir cette vérité se sont émoussées.
Ce qui ressemble à une inertie me dérange au plus haut point, car mon intime conviction est que l’État, personne morale, a intérêt à ce que l’enquête ou les enquêtes soit / soient conduite(s), non (principalement) pour emprisonner tous les coupables (certains seulement devront être mis en prison), mais (surtout) pour savoir ce qui s’est réellement passé et pouvoir prendre, en toute connaissance de cause, les lois et les règlements afin que de pareilles choses ne puissent plus se produire et obtenir des « éléments objectifs » sur la base desquels les indemnisations seraient faites en toute justice et équité.
C’est pourquoi, je voudrais repartager (à la suite de ce message) un article intitulé « convictions et conseils d’un ainé » publié le 28 avril 2025, en vous demandant de lire les points « 6. Lenteurs de la Justice et pression des citoyens (rencontre du 03.04.2025 du PR avec la presse) » et « 8. Décision no1/C/2025 du 23 avril 2025 à la suite du recours visant à faire « éclairer contraire à la Constitution la loi no2025/08 du 02 avril 2025 » ».
Nous y avons notamment affirmé que « Ces lenteurs, passivités et instrumentalisations du Procureur de la République et de certains juges ont, sans aucun doute, contribué à encourager les abus du Pouvoir exécutif et à aggraver les atteintes à l’État de droit, à la sacralité des ressources appartenant au peuple, aux droits de l’homme et à la démocratie » et recommandé la mise en place d’une « Commission nationale d’enquête et de concertation, libre et indépendante » dont les possibles contours ont été évoqués dans l’article « Une loi interprétative de la loi d’amnistie : notre point de vue ! » publié le 1ier avril 2025.
Enfin, je tiens à attirer l’attention sur mon article (« Abrogation de la loi d’amnistie : Notre humble avis ») publié le 15 décembre 2024, à la suite des doutes émis sur le champ d’application de la loi d’amnistie. J’y ai recommandé que « le Président de la République saisisse en urgence le Conseil constitutionnel pour avis en application de l’article 92 (alinéa 2) de la Constitution et que les sept (7) sages du Conseil constitutionnel prennent une « décision interprétative » de la loi d’amnistie no2024-09 du 13 mars 2024 par laquelle, ils vont exclure de son champ d’application les crimes graves susmentionnés. Cette « Décision » qui aurait la valeur d’une loi serait « non susceptibles d’aucune voie de recours et s’imposerait aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles » conformément à l’alinéa 4 de l’article 92. »
Si cette recommandation était prise au sérieux et implémentée, on n’aurait pas perdu tout ce temps avec cette loi interprétative du groupe parlementaire de la majorité et cette décision du 23 avril 2025 du Conseil constitutionnel (4 mois après ma suggestion) qui nous semblent être suivies par une dangereuse inertie dans l’indispensable recherche de la vérité qui pour nous est un préalable au « juboo » (réconciliation) pour lequel j’ai déjà fait un plaidoyer (« Plaidoyer pour le juboo » publié le 3 avril 2025).
Dans un pays qui veut optimiser sa vitesse d’évolution vers le développement socioéconomique et sa capacité à faire face à certains problèmes, avec comme objectif final (« end state ») le bonheur du peuple, les décideurs gagneraient à prêter une plus grande attention aux critiques objectives et aux recommandations avisées de tous les « Observateurs » qui ont donné la preuve de leur patriotisme et de leur honnêteté intellectuelle.
Que Dieu que nous (musulmans, chrétiens et adeptes de la religion « négro-africaine ») adorons et qui manifestement Aime notre pays, soutienne et éclaire nos décideurs (le PR, le PM et tous ceux qui les accompagnent) afin qu’ils puissent gouverner, diriger ou commander patriotiquement ; minimiser rapidement les difficultés des sénégalais les plus démunis et les plus défavorisés, et ancrer notre pays dans la voie menant au « Meilleur Sénégal Possible ».
Colonel (er) Tabasky Diouf
