Le bras de fer s’intensifie entre les syndicats du secteur judiciaire et le gouvernement. Ce mercredi, l’entente SYTJUST–UNTJ a dénoncé ce qu’elle qualifie de « trahison » du ministre de la Justice, accusé d’avoir trompé les travailleurs du secteur durant plus d’un an sous prétexte d’un dialogue social « prétendument sincère ».
Dans une déclaration conjointe, le Syndicat des travailleurs de la justice (SYTJUST) et l’Union nationale des travailleurs de la justice (UNTJ) ont affirmé avoir pris part, pendant quatorze mois, à plusieurs rencontres techniques dans l’objectif de réformer deux décrets qu’ils jugent injustes. Ces textes bloquent l’alignement des greffiers à la hiérarchie A2 et empêchent la création effective du corps des assistants de greffe et parquets (AGP).
Un consensus fort avait pourtant été obtenu en novembre 2024 lors d’un atelier national tenu à Saly, sous l’égide directe du ministre de la Justice. Deux projets de décret avaient alors été validés, dont l’un modifiant le statut des fonctionnaires de la Justice, et l’autre créant un nouveau centre de formation judiciaire.
Mais les syndicats affirment avoir appris avec stupéfaction le revirement du ministre, annoncé dans un communiqué officiel publié ce mercredi. Une volte-face qu’ils jugent « brutale, injustifiable et destructrice du climat de confiance ».
Ils exigent désormais le respect des engagements pris depuis 2018, notamment :
- L’alignement des greffiers à la hiérarchie A2
- La constitution du corps des AGP sans formation préalable
Déplorant une « duplicité » et un « cynisme administratif », SYTJUST et UNTJ annoncent une intensification de la lutte syndicale, jusqu’à la satisfaction totale de leurs revendications, jugées légitimes et non négociables.

