Le sort du Premier ministre français François Bayrou devrait être scellé ce lundi 8 septembre 2025 à l’Assemblée nationale à l’occasion d’un vote de confiance qu’il a lui-même sollicité sur son plan de désendettement de la France à 44 milliards d’euros. À moins d’une improbable surprise, une majorité de députés vont l’obliger à démissionner.

Ce sera sans doute le chant du cygne pour le Béarnais François Bayrou, ce lundi après-midi à 15h à la tribune du Palais Bourbon. François Bayrou le sait et l’a dit dimanche lors d’une ultime interview : des « forces politiques se mettent ensemble pour abattre le gouvernement », c’est-à-dire la gauche et l’extrême droite, dont il n’a jamais obtenu le moindre espoir de survie.

Sa méthode, constituant a demandé un accord sur son constat d’un déficit public trop important qu’il n’a pas manqué de dramatiser, n’a pas plus, tout comme ses mesures. La très contestée suppression de deux jours fériés, qu’il a refusé d’abandonner ces 15 derniers jours. Des mesures et des méthodes si impopulaires qu’elles vont lui faire d’ailleurs manquer des voix dans son camp. Selon leur patron Laurent Wauquiez, les députés Les Républicains (LR) « ont la liberté de vote ». 

Arithmétiquement, ça ne passera pas. La France va changer de Premier ministre pour la quatrième fois en moins de deux ans. Et évidemment, tous les regards se tourneront ce soir vers le président Emmanuel Macron, car il se retrouve maintenant en première ligne sous la pression des oppositions.

Quel Premier ministre pour la suite ?

À gauche, La France Insoumise (LFI) demande sa destitution ou sa démission. À l’extrême droite, le Rassemblement national (RN) appelle à la démission ou une nouvelle dissolution. Aucune de ces options ne semble privilégiée. Le président s’est tourné vers les socialistes la semaine dernière, mais comment ? Le PS revendique Matignon, mais c’est hors de question pour le patron de la droite. Quel profil pourrait faire travailler ces partis ensemble ? C’est la question à laquelle il faut répondre très vite.

Un périlleux slalom attend le chef de l’État et la France avec des mouvements de protestation les 10 et 18 septembre, tandis que le 12 septembre sera attendu le verdict de l’agence de notation Fitch avec un risque de dégradation. Car avec cette crise politique, la France n’a pas de budget. Il y a un an, Fitch avait assorti la note de la France d’une perspective négative. Autrement dit, elle anticipait une possible dégradation de la note française. 

RFI