Le document, qui couvre la période de juillet 2024 à juin 2025, acte une évolution majeure dans la position onusienne. Le référendum d’autodétermination n’est plus considéré comme une option réaliste. À l’inverse, le plan marocain est désormais présenté comme « la base la plus crédible, viable et pragmatique » pour parvenir à une solution politique durable.

Ce positionnement est notamment soutenu par la France et le Royaume-Uni, qui ont officiellement appuyé le projet marocain dans des déclarations diplomatiques transmises respectivement en juillet 2024 et juin 2025.

Détérioration sécuritaire et humanitaire

Le rapport souligne également une intensification des attaques attribuées au Front Polisario, notamment des tirs de roquettes dans les zones de Mahbas et Smara, parfois proches de populations civiles ou d’infrastructures de la MINURSO. L’ONU confirme ces incidents et indique avoir adressé des mises en garde formelles au mouvement séparatiste.

Par ailleurs, la situation humanitaire dans les camps de réfugiés de Tindouf, en Algérie, continue de se dégrader. Les réductions budgétaires des bailleurs ont entraîné une baisse drastique des rations alimentaires, avec un taux de malnutrition aiguë atteignant 13 % et un retard de croissance supérieur à 30 % chez les enfants. Malgré l’aide partielle apportée par l’Algérie, l’ONU estime à 104 millions d’euros les besoins financiers nécessaires pour l’année 2025.

Face à cette situation explosive, Antonio Guterres exhorte toutes les parties à relancer immédiatement un processus politique. À l’approche du cinquantième anniversaire du conflit, il met en garde contre une escalade « intenable » dans une région déjà instable, marquée par les tensions croissantes au Sahel et en Méditerranée.