La quatrième édition de la Conférence NTA Afrique s’est achevée le 30 juillet à Saly avec la présentation de la BSDD Policy Scorecard. Un nouvel outil qui est conçu pour aider les États africains à mieux orienter leurs dépenses publiques en faveur du dividende démographique et de l’amélioration du bien-être des populations.

Placée sous le thème « Économie générationnelle et économie des soins au cœur des politiques publiques en Afrique », cette dernière journée a été marquée par plusieurs panels consacrés au financement des politiques publiques avant la cérémonie officielle de clôture.

Un instrument d’aide à la décision

Développée dans le cadre de la Budgétisation Sensible au Dividende Démographique (BSDD), la Policy Scorecard propose une nouvelle approche d’évaluation des finances publiques. Au-delà des montants investis, elle mesure l’efficacité réelle des dépenses publiques sur les conditions de vie des populations.

Selon le professeur Latif Dramani, coordonnateur du Consortium régional pour la recherche en économie générationnelle (CREG), les pays africains doivent répondre à une forte croissance démographique tout en faisant face à des ressources limitées. L’outil vise ainsi à vérifier si les budgets publics sont réellement alignés sur les priorités telles que l’éducation, la santé, l’emploi, les infrastructures et la protection sociale.

La BSDD Policy Scorecard repose sur deux indicateurs : l’un évalue la qualité de l’allocation des ressources publiques entre les différents secteurs, tandis que l’autre mesure les résultats concrets de ces investissements sur les populations.

Grâce à un système de notation allant de A à D, les gouvernements peuvent identifier les secteurs les plus performants, ceux dont les résultats restent limités et ceux nécessitant des réformes. Les analyses s’appuient sur les budgets nationaux, les comptes nationaux, les recensements, les enquêtes harmonisées et les statistiques sectorielles de près de quinze pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Une innovation saluée par les États

Les premiers résultats montrent que des investissements importants ne se traduisent pas toujours par une amélioration tangible du bien-être des populations. Pour Dr Edvige Adekambi, du STR SWEDD+, cette scorecard constitue une véritable boussole pour les décideurs en leur permettant d’adapter les politiques publiques aux besoins des populations, notamment les plus vulnérables.

Le représentant du Maroc a également salué un outil qui offre une nouvelle lecture des dépenses publiques en mettant l’accent sur leur impact réel plutôt que sur les seuls montants engagés.

Au nom du Mali, le directeur de l’Observatoire national du dividende démographique (ONDD), M. Traoré, a rappelé l’expérience de son pays en matière de budgétisation sensible au dividende démographique. Il a toutefois insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les secteurs, le cadre institutionnel et les capacités techniques afin de favoriser une meilleure appropriation de cet outil.

De son côté, Ngoné Diop, directrice de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), a qualifié la BSDD Policy Scorecard de véritable instrument d’aide à la décision. Selon elle, cet outil permettra aux gouvernements de mieux orienter les investissements publics vers les secteurs ayant le plus fort impact sur les populations. Elle a également appelé à une approche gouvernementale intégrée impliquant l’ensemble des ministères.

La conférence s’est clôturée par la lecture de la Déclaration de Saly, présentée par Dr Justine F. Houzanmè, coordonnatrice du ROAFEM Bénin. Le texte formule plusieurs recommandations à l’attention des gouvernements, des parlementaires et de la société civile afin de mieux prendre en compte les travaux domestiques non rémunérés dans les politiques publiques.