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Cette désignation marque en effet une rupture dans l’alternance géopolitique informelle qui, jusqu’à présent, régissait les successions au sommet de l’organisation sous-régionale. Traditionnellement, la présidence de la CEDEAO s’est appuyée sur une alternance non tacite entre les chefs d’État issus de pays francophones, anglophones et lusophones, garantissant un équilibre politique et linguistique dans une région aussi diverse que stratégiquement sensible.

Une élection inattendue

Alors que le nom du président ghanéen avait circulé dans les derniers jours comme solution de compromis, c’est bien Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal, qui semblait tenir la corde. Son profil, sa posture d’ouverture régionale, ainsi que la logique de rotation linguistique, le plaçaient en favori naturel pour succéder à un président anglophone.

Le choix d’un second président anglophone consécutif, qui plus est d’un pays de poids diplomatique moindre que le Nigeria ou le Ghana, a donc surpris. Aucun débat formel ne semble avoir eu lieu sur cette rupture de tradition, mais le signal politique envoyé mérite d’être relevé : la CEDEAO semble s’éloigner d’un principe d’équilibre qui avait jusque-là renforcé sa légitimité collective.

Un tournant pour l’organisation ?

Cette décision, bien que légitime sur la forme, risque de raviver certaines tensions ou incompréhensions, notamment au sein du bloc francophone, qui avait vu dans l’émergence de la candidature sénégalaise une continuité souhaitable. Elle intervient dans un contexte où la CEDEAO fait face à de profonds défis : départ des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (Burkina Faso,Mali et Niger), critiques sur sa gouvernance, et urgences sécuritaires grandissantes.

L’absence de débat public sur cette succession brise peut-être une dynamique de transparence et d’équilibre, pourtant cruciale pour une organisation régionale dont la stabilité repose sur la coopération entre États aux intérêts souvent divergents.

Une page nouvelle ?

La présidence de Julius Maada Bio ouvre donc une nouvelle phase, à la fois sur le plan symbolique et stratégique. Reste à savoir si cette élection surprise sera suivie d’une gouvernance inclusive, capable de rassembler au-delà des clivages linguistiques et géopolitiques, ou si elle marquera un début de déséquilibre dans l’architecture régionale.

Par BLD