Waly Diouf Bodian, responsable du parti Pastef à Keur Massar et directeur général du Port autonome de Dakar, a vivement critiqué le Conseil constitutionnel lors d’une intervention ce samedi 10 mai, en marge du lancement d’un nouveau mouvement en soutien au projet de transformation du pays porté par le pouvoir actuel. Il a notamment remis en question la légitimité des membres du Conseil en raison de leur nomination par l’ancien Président Macky Sall.
« Il faut dissoudre le Conseil constitutionnel. Tous ses membres ont été nommés par Macky Sall. Comment peuvent-ils être impartiaux ? », a-t-il lancé devant ses partisans.
Dans la même prise de parole, Waly Diouf Bodian est également revenu sur le processus de reddition des comptes en cours, qu’il qualifie de première phase, centrée selon lui sur les enjeux financiers. Il a cité l’exemple de l’ancien ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall, actuellement visé par une procédure.
« Moi, je ne l’aurais pas poursuivi pour des questions financières. Le vrai problème, ce sont les crimes de sang. »
Évoquant les violences survenues lors des manifestations qui ont précédé la chute du régime de Macky Sall, il a accusé d’anciens ministres d’avoir organisé des « répressions, rafles et enlèvements », ayant conduit à la mort de plusieurs manifestants.
« On ne peut pas vivre dans un pays où 80 personnes ont été tuées, des centaines blessées, des milliers arrêtées, et entendre dire qu’il faut se pardonner. Un pays ne fonctionne pas ainsi. »
Pour lui, la justice doit aller plus loin. Il annonce ainsi une « phase deux » de la reddition des comptes, qui portera, dit-il, sur les « crimes de sang ». Il estime que les responsabilités doivent être situées à tous les niveaux, y compris du côté de la justice.
« Il faut que ceux qui ont commis ces actes répondent de leurs actes, y compris les juges qui ont emprisonné des innocents en connaissance de cause. »

