Un important réseau de trafic de drogue opérant depuis un appartement de luxe a été démantelé par la Brigade régionale des stupéfiants (BRS) de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS). L’opération, menée dans la nuit du 2 septembre 2025 au Plateau, a conduit à l’arrestation de cinq suspects, dont le présumé cerveau, Dame Amar, et sa compagne marocaine. Les cinq individus ont été présentés ce jeudi matin devant le tribunal de grande instance hors classe de Dakar.
Une opération ciblée et une tentative de corruption
L’enquête, déclenchée par un renseignement, a révélé que Dame Amar, qui se présente comme le Directeur Général Transport AMAR, aurait planifié une « soirée de consommation » de drogue, connue sous le nom de « TRAP », dans son appartement du dixième étage. Les enquêteurs ont minutieusement préparé leur intervention, qui a débuté par l’interception du garde du corps de Dame Amar, Ibra Gueye. Ce dernier a collaboré, permettant aux policiers d’accéder à l’appartement.
Au cours de la perquisition, les forces de l’ordre ont saisi diverses substances illicites, notamment 100 grammes de chanvre indien (variété « skunks ») et 10 grammes de haschisch, ainsi que du matériel de consommation. Des biens de luxe ont également été confisqués, dont quatre véhicules de luxe (une Lamborghini, une Porsche, une Rolls-Royce et une Nissan), neuf téléphones portables et des bijoux en or.
L’opération a pris un tournant inattendu lorsqu’un chauffeur, Meissa Ngom Ndiaye, a tenté de soudoyer le commissaire Adama Wele, chef de la BRS, avec une somme de 2 millions de francs CFA, entraînant son arrestation immédiate.
Charges retenues contre les suspects
Outre Dame Amar et son garde du corps, les autres suspects ont été identifiés comme suit : Maalaoui Ghita, une médecin dentiste marocaine, Serigne Saliou Fall, un masseur, et Meissa Ngom Ndiaye, le chauffeur.
Malgré le déni des faits de Dame Amar et de sa compagne, qui ont également refusé de se soumettre au test urinaire, le procureur a retenu plusieurs chefs d’accusation à l’encontre des cinq mis en cause :
- Association de malfaiteurs
- Détention de drogues aux fins d’usage
- Blanchiment de capitaux
- Tentative de corruption (pour Meissa Ngom Ndiaye)
Cette affaire met en lumière la détermination des autorités à lutter contre le trafic de drogue dans la capitale sénégalaise, y compris au sein des milieux les plus huppés.

