La crise politique et institutionnelle que vit la France aujourd’hui révèle une fragilité beaucoup plus profonde que celle d’un régime : celle du modèle de gouvernance lui-même.
Comment des dizaines de millions de citoyens peuvent-ils voir leur destin suspendu aux humeurs, aux faiblesses ou aux hésitations d’un seul individu ?
Ce constat n’épargne aucun pays.
Dans la plupart des systèmes politiques contemporains, francophones ou non, le pouvoir reste concentré entre les mains d’une personne censée incarner la raison collective.
Mais lorsque cette personne chancelle, c’est tout un peuple qui vacille avec elle.
Il devient donc urgent de repenser les fondements de la représentation politique, d’imaginer des mécanismes institutionnels plus participatifs, plus inclusifs, et moins dépendants de la psychologie individuelle.
Les défis économiques, écologiques et sociaux du monde moderne exigent des structures capables de mobiliser l’intelligence collective plutôt que de la confiner à un seul sommet.
Réfléchir à un autre modèle de gouvernance, plus collégial, plus moral et plus responsable, n’est pas une utopie : c’est une nécessité historique si nous voulons rendre nos sociétés réellement résilientes.
C’est le moment d’ouvrir un grand débat mondial sur la démocratie du futur.
Magaye Gaye
Économiste international
Ancien cadre de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD)
