Le retrait de Nafissatou Thiam sur l’heptathlon secoue la Belgique samedi matin. L’athlète belge avait accusé la Fédération de ne pas la soutenir dans le courant de la semaine et depuis son abandon, les réactions véhémentes à l’encontre de Belgian Athletics se multiplient. Son coach n’a pas caché son exaspération : « J’ai honte d’être belge », a-t-il notamment lancé devant les médias belges.
L’athlétisme belge tremble samedi matin. L’abandon de Nafissatou Thiam, proche de fondre en larmes après la cinquième épreuve de l’heptathlon à Tokyo, a provoqué une pluie de critiques à l’encontre de la Fédération belge. La triple championne olympique était en conflit ouvert avec Belgian Athletics depuis son arrivée à Tokyo et son retrait a vite été lié à la semaine difficile qu’elle a traversée.
« Si nous devons nous présenter sur la piste en tenue de clown, dites-le-nous«
Le coach de Thiam, Michael van der Plaetsen, s’est montré particulièrement virulent. « D’habitude, je ne dis jamais rien, mais là, je suis furieux. Tout le monde se plaint de la fédération. Tout va de travers. Qui va mettre fin à cela ? Il faut éliminer les brebis galeuses, mais il faut aussi que les instances supérieures interviennent : Sport Vlaanderen, l’Adeps et les ministères des Sports doivent s’attaquer au fonctionnement de la fédération d’athlétisme », a-t-il lancé devant les médias belges.
« Les entraîneurs d’autres pays sont venus s’excuser auprès de moi pour les dysfonctionnements en Belgique. Dans les vestiaires, nous étions les seuls à ne pas avoir de kinésithérapeute personnel. J’ai honte d’être belge, a-t-il continué. La fédération affirme que tout le monde est égal devant la loi, mais nous ne sommes pas en classe verte. Il s’agit de sport de haut niveau, de l’élite. C’est l’histoire d’un tout petit pays avec une très grande athlète, et regardez comment cela se termine. Si nous devons nous présenter sur la piste en tenue de clown, dites-le-nous. »
La mère de Thiam monte au créneau
Van der Plaetsen n’a aucun doute : l’abandon de Thiam et son incapacité à performer sont dues au comportement de Belgian Athletics ces derniers jours. « C’est vrai à 99 %, et pour 1%, elle est aussi moins en forme physiquement qu’il y a un an. Une telle situation lui demande beaucoup d’énergie. J’ai essayé de la convaincre de retrouver le plaisir de pratiquer son sport, mais je n’y suis pas parvenu. Elle m’a déjà dit qu’il lui faudrait beaucoup de temps pour s’en remettre. »
La mère de Nafi Thiam s’est aussi exprimée sur Facebook, en partageant une photo de sa fille. « Si j’ai inscrit un jour ma fille de 7 ans dans un club d’athlé, ce n’est pas pour qu’elle se fasse insulter ni pour qu’elle subisse un quelconque chantage à la signature », a-t-elle cinglé, en référence à l’imbroglio autour du code de conduite que n’a pas signé Thiam avant les Mondiaux de Tokyo. Et pour ne rien arranger, une autre athlète belge a attaqué la Fédération dans les dernières heures : Paulien Couckuyt, spécialiste du 400 mètres. La coureuse dénonce le fait que son coach a été prévenu trois jours avant le départ pour le Japon qu’il ne pourrait pas accompagner la sélection belge.
« Beaucoup d’éléments doivent être revus, car il règne énormément de négativité autour de la fédération. Beaucoup d’athlètes en souffrent, a-t-elle fustigé, pointant notamment une différence de considération entre les athlètes flamands et wallons. L’an dernier déjà, nous avions tenté de signaler certains problèmes, mais nous n’avons pas vraiment été écoutés. Comme la situation s’aggrave, je pense que, cette fois, plusieurs athlètes vont se regrouper pour dire à la fédération : ‘Les choses doivent changer, c’est l’athlète qui doit être au centre’. » Belgian Athletics entendra-t-il cet appel ?
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