« Je préfère encaisser 300 ou 500 millions et fermer les yeux sur les 10 milliards de recettes qui doivent rentrer dans la caisse. C’est un fléau qu’il faut combattre », a-t-il déclaré, fustigeant une logique de compromission qui prive l’État de ressources essentielles. Il a également rappelé que la fonction publique ne saurait être un tremplin vers des fortunes personnelles suspectes. « Chaque fonctionnaire doit comprendre qu’on ne peut pas être milliardaire en étant fonctionnaire. C’est impossible. Si vous voulez devenir milliardaire, vous devez faire un autre choix. D’aller entreprendre en priant le Seigneur de bénir vos activités », a-t-il insisté.

Pour étayer son propos, le chef du gouvernement a révélé les niveaux de rémunération des plus hautes autorités de l’État : moins de 5 millions de FCFA pour le Président de la République, environ 4 millions pour le Premier ministre, et entre 3 et 4 millions pour les ministres. « Comment un fonctionnaire peut-il être multimillionnaire ou milliardaire dans son pays ? C’est impossible », a-t-il martelé, dénonçant des accumulations de richesses « indécentes » et injustifiables.

Dans le même élan, Ousmane Sonko a salué les efforts du président Bassirou Diomaye Faye en matière de gouvernance vertueuse, notamment la réforme de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) et le renforcement de la protection des lanceurs d’alerte. « Nous saluons les initiatives prises par le Président de la République concernant le fonds de transparence, avec plusieurs lois, dont une portant réforme de l’OFNAC », a-t-il indiqué.

Il a précisé que d’autres textes législatifs, validés ou en cours de préparation, viendront compléter ce dispositif. Pour lui, si la corruption est un fléau mondial, elle reste particulièrement dévastatrice dans les pays en développement. « Statistiquement, il a été démontré que c’est dans les pays sous-développés qu’elle prévaut plus que dans les autres », a-t-il conclu.