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Les locaux de la 7TV ont réuni ce jeudi une mobilisation sans précédent des acteurs des médias sénégalais, en soutien à Maïmouna Ndour Faye (7TV) et Babacar Fall (RFM), arrêtés puis relâchés après 48 heures d’une tension inhabituelle dans le paysage médiatique national.

Journalistes, patrons de presse, techniciens et représentants d’associations professionnelles ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave à la liberté d’informer. Pour Mamadou Ibra Kane, figure de la presse indépendante, l’arrestation de ses confrères est « une manœuvre politique visant à museler la presse ».

« Aucun texte n’interdit à un journaliste de donner la parole à une personne poursuivie par la justice. Ce qui s’est passé est un recul grave pour la démocratie », a-t-il affirmé.

Le journaliste a également pointé les pressions économiques exercées sur les médias privés, évoquant des subventions non versées et la résiliation de contrats publicitaires publics. « Le pouvoir veut affaiblir la presse privée pour instaurer un parti-État. Mais un parti-État ne passera pas au Sénégal », a-t-il martelé.

Un électrochoc pour la profession

Pour Mouhamadou Diagne, président de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS), cette mobilisation doit être un électrochoc pour repenser un secteur fragilisé.

« Voir des journalistes menottés et embarqués dans leurs rédactions, c’est une image qu’on ne pensait plus revoir au Sénégal », a-t-il déploré, appelant à un dialogue sincère entre l’État et les patrons de presse.

Il a rappelé que de nombreux jeunes reporters subissent des mois d’arriérés de salaire, plaidant pour un déblocage rapide de l’aide à la presse afin d’améliorer les conditions de travail.

“J’ai simplement exercé mon droit d’informer”

Libérée dans la matinée, Maïmouna Ndour Faye a remercié la profession et la société civile pour leur soutien.

« Je n’ai jamais voulu attenter à la sûreté de l’État. J’ai seulement exercé le droit à l’information des citoyens », a-t-elle déclaré, défendant son interview de Madiambal Diagne, à l’origine du litige.

Elle a par ailleurs dénoncé la coupure du signal de la 7TV et de la TFM sur la TNT, qu’elle juge illégale, rappelant que seul le CNRA peut donner une telle injonction.

Cette mobilisation, conclue par le slogan « Non à la dictature, oui à la liberté de la presse ! », traduit une unité rare au sein du paysage médiatique. Les professionnels appellent désormais à un dialogue constructif avec le gouvernement pour garantir la liberté d’expression et un cadre économique stable pour les entreprises de presse.

Au-delà de l’émotion, cet épisode révèle la vulnérabilité structurelle du secteur médiatique sénégalais : dépendance financière vis-à-vis de l’État, absence de régulation claire et tensions persistantes entre pouvoir politique et indépendance journalistique.

Pour beaucoup, la question dépasse le simple cadre judiciaire : c’est la solidité même de l’État de droit qui se joue à travers le respect du droit d’informer, pilier de toute démocratie moderne.