Le Syndicat Unique des Travailleurs de la Santé et de l’Action Sociale (SUTSAS) a publié une déclaration cinglante dénonçant les récentes réformes institutionnelles, notamment le Décret n°2025-1431, qu’il qualifie d’acte de « déstructuration » du secteur. Le syndicat exprime, par un communiqué daté le 5 octobre, sa profonde désillusion face à ce qu’il perçoit comme une perte de cohérence et une instrumentalisation du système.
Le SUTSAS rappelle l’espoir suscité par l’avènement d’un ministre « Docteur, géographe de la santé, » espérant l’établissement d’un système de santé résolument plus préventif que curatif. Ce combat, mené par le syndicat depuis 1976, vise l’instauration d’une « médecine de masse » accessible, rompant avec une « médecine élitiste. »
Cependant, le syndicat se dit « replongé dans le désespoir » face à une « médicalisation excessive » de la quasi-totalité des directions hospitalières et sanitaires. Le SUTSAS y voit un « casting incompréhensible de managers bigarrés » qui compromet la vision d’une gouvernance moderne, donnant l’impression d’un retour à l’ère du « Ministère de la Médecine et des Affaires sociales. »
Le Décret n°2025-1431, publié après la migration de la Direction Générale de l’Action Sociale (DGAS), est la principale cible du syndicat qui dénonce ses conséquences sur l’organisation du ministère.
Le décret acte l’amputation des compétences sur les infrastructures de la Direction des Infrastructures, de l’Équipement et de la Maintenance (DIEM). Le SUTSAS juge cette décision « impertinente » et rappelle qu’une mesure similaire sous le Président Abdoulaye Wade avait été annulée. L’ancien président avait alors reconnu que les infrastructures sanitaires exigent un suivi spécialisé, distinct de la construction d’une salle de classe, justifiant le rôle de la DIEM (devenue DEM). Le syndicat s’inquiète des conséquences sur la qualité des chantiers hospitaliers.
La Cohésion compromise et le morcellement
Le SUTSAS constate que le ministère de la Santé et de l’Action sociale est désormais « en pleine perte de cohérence et de vision. »
Le retour de l’Action sociale est vidé de sa substance avec le départ de l’École Nationale de Développement Sanitaire et Social (ENDSS), ne laissant que l’École Nationale des Travailleurs Sociaux Spécialisés (ENTSS).
La Direction Régionale de la Santé et de l’Action sociale est scindée en deux structures distinctes, « condamnées à fonctionner dans un dénuement total, » ce qui aggrave la précarité des services au lieu de renforcer la gouvernance territoriale.
L’existence de deux entités distinctes en matière d’hygiène, le Service National de l’Hygiène et la Direction de l’Hygiène Publique, risque d’accentuer la confusion et de créer des conflits de compétences, au détriment de l’efficacité.
Le syndicat estime que cette fragmentation est particulièrement grave au moment où des épidémies comme la fièvre de la vallée du Rift et la variole du singe menacent de s’installer durablement.
En conclusion de sa déclaration, le Secrétariat Exécutif Permanent (SEP) du SUTSAS formule plusieurs exigences :
Agence de Réglementation Pharmaceutique (ARP) : le SEP, après avoir félicité les précurseurs de la Sous-section SUTSAS de l’ARP, exige du Directeur général le paiement sans délai des salaires des mois d’août et de septembre aux agents concernés. Faute de quoi, un arrêt légal du travail sans préavis sera lancé à compter du 08 octobre 2025.
Formation et Statuts : le syndicat demande le retour de l’ENDSS sous la tutelle du Ministère de la Santé.
Concours : le SUTSAS exige l’admission des Infirmiers d’État (hiérarchie B1/Licence) aux concours de Master, et celle des Assistants Infirmiers d’État aux concours professionnels pour les diplômes d’Infirmière et de Sage-femme d’État.

