Alors que les greffiers entament ce lundi une grève de 72 heures, à l’appel de l’Entente SYTJUST–UNTJ, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme du service public, Olivier Boucal, appelle au compromis tout en réaffirmant la nécessité de respecter le cadre réglementaire régissant la fonction publique.
Les syndicats du secteur judiciaire dénoncent ce qu’ils considèrent comme une « injustice flagrante ». Parmi leurs principales revendications figurent :
- L’alignement des greffiers à la hiérarchie A2 ;
- Le reclassement des agents des hiérarchies B et C dans le corps des agents de greffe professionnels (AGP) ;
- La reconnaissance du rôle stratégique des greffiers dans le système judiciaire ;
- Et l’ouverture d’un dialogue immédiat et sérieux avec le gouvernement.
Invité ce dimanche sur la RTS, Olivier Boucal a réagi aux critiques visant ses propos tenus lors d’une précédente sortie publique. « On a pioché un mot dans mon discours pour créer une polémique. J’ai simplement mis en garde contre des attitudes pouvant être perçues comme du chantage », a-t-il expliqué, affirmant qu’il restait dans une dynamique de dialogue constructif.
Sur le fond, le ministre reconnaît un consensus sur l’alignement des greffiers à la hiérarchie A, mais précise que la question des modalités de reclassement reste en débat. En cause, l’exigence légale d’une formation préalable, prévue par la loi 61-33 et d’autres textes encadrant la fonction publique.
« La formation est un principe, pas une option. Tout reclassement de hiérarchie l’exige. »
Pour sortir de l’impasse, le ministre a proposé des formats alternatifs de formation, à distance, en séminaire ou en alternance, afin de ne pas perturber le fonctionnement des juridictions.
Olivier Boucal insiste sur le fait que toute réforme doit éviter de créer des déséquilibres entre corps de métiers. « La fonction publique gère des équilibres. Une mesure isolée peut en désorganiser d’autres. »
Une réunion avec les syndicats est prévue dans les prochains jours, dans l’espoir de trouver un terrain d’entente.
« Nous ne sommes pas fermés. L’objectif est de sortir de cette crise par le dialogue. »

