Les avocats du journaliste Madiambal Diagne saluent ce qu’ils qualifient de « première victoire » après la décision de la Chambre d’instruction de la Cour d’appel de Versailles de renvoyer son délibéré dans la procédure d’extradition engagée par l’État du Sénégal.
La juridiction française a en effet décidé de surseoir à statuer et a rendu un « arrêt avant dire droit », exigeant des autorités sénégalaises qu’elles fournissent plusieurs éléments complémentaires avant de poursuivre l’examen du dossier.
Invité sur la RFM, Me Ousmane Thiam, membre de la défense, a indiqué que la Chambre d’instruction souhaite obtenir des précisions sur les faits reprochés, jugés insuffisamment détaillés, mais aussi sur la qualification juridique retenue et les textes de loi applicables. Elle demande également des clarifications sur les garanties procédurales dont bénéficierait l’intéressé au Sénégal.
Le second point soulevé concerne les irrégularités présumées dans la transmission du mandat d’arrêt international. Selon la défense, certaines formalités n’auraient pas été respectées.
Enfin, la juridiction française exige que le Sénégal fournisse la preuve qu’un procès juste et équitable serait garanti en cas d’extradition. « C’était notre principal argument : le mandat d’arrêt n’a pas respecté toutes les procédures, et les faits reprochés à Madiambal Diagne ne peuvent être qualifiés ni de criminels ni de correctionnels », a souligné Me Thiam.
L’avocat a également évoqué la situation judiciaire au Sénégal, dénonçant la détention prolongée de certains opposants politiques sans audition, ainsi que des délais de procédure jugés incompatibles avec les standards d’un procès équitable.
La nouvelle date du délibéré a été fixée au 3 février 2026.
