Pour les deux ( Ousmane Diagne et Jean Baptiste Tine ) ils sont encore sous les feux de la rampe : sous le régime de Ousmane Sonko et celui de Macky Sall qui les avait aussi renvoyé à un moment où ils refusaient de servir les intérêts personnels d’un Président ou d’un parti politique, en lieu et place de ceux de la Nation. Et ceux qui les vouent aujourd’hui aux gémonies ( PASTEF) , avaient applaudi hier le courage de ces hommes de dire NON à la toute puissance d’un homme d’État fût-il le chef. Les souvenirs encore frais nous rappellent la position de principe du PASTEF qui consistait à égratigner le régime dictatorial contre lequel ils se battaient pour ce genre de décisions. Il en était de même pour le Capitaine Touré renvoyé de la gendarmerie. Il ne faut pas que nous soyons de courte mémoire, l’histoire elle est longue et la vérité se trouve à la fin de l’histoire.

Pourquoi n’avait-on pas renvoyé le Général Moussa Fall à la place de Jean-Baptiste Tine ? Pourquoi le Procureur Bakhoum à la place de Ousmane Diagne. Parce que ceux qui incarnaient le refus, privilégiant leur sacerdoce et leur serment à la vanité du pouvoir et à l’obligation de rentrer dans les rangs, ont décidé de faire leur travail selon leur conscience professionnelle et non celle diluée de leurs chefs. C’est un choix personnel que chacun d’entre nous est libre de se déterminer.

Au moins, les gens de bonne foi auront retenu que ces 2 hommes, ont servi la République avec INTÉGRITÉ ET PROFESSIONNALISME ! Et Dieu sait qu’ils pouvaient choisir le zèle ou afficher la partisanerie et ils seraient encore au gouvernement. Apparemment partir ou rester c’est pareil pour eux, pourvu qu’ils gardent intacte leurs convictions ! Il y en a encore des hommes et des femmes qui ne savent pas se renier.

Décidément l’exercice du pouvoir est complexe, on ne peut jamais dire jamais qu’en politique où tous les reniements sont possibles. Leçon : les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Moi je suis en mode désenchantement. Je ne peux pas continuer à croire à ce que je n’ai pas vu depuis presque 20 mois de gouvernance. Une anecdote : ma mère, grande souteneuse de Macky à l’époque 😂, quand j’énumérais des griefs contre lui, elle se fachait jusqu’au jour où elle rejoignit le camp de la vérité qu’elle ne pouvait plus occulter tellement c’était devenu flagrant. Que personne ne vienne dire qu’on n’avait pas tiré la sonnette d’alarme sur ce long processus incolore au début et béat à la fin qu’est la dictature rampante d’abord et debout après………

Une dictature n’est rien d’autre qu’un régime politique où le pouvoir est concentré entre les mains d’un individu ou d’un groupe, qui l’exerce de façon absolue, arbitraire et sans limites, sans contre-pouvoirs comme une presse libre ou une opposition politique. Ce régime se distingue des démocraties par l’absence de séparation des pouvoirs et l’impuissance des institutions à limiter la volonté du dictateur.

SEYNABOU NDIAYE
JOURNALISTE FREELANCE
CHRONIQUEUR INDÉPENDANTE