Les conclusions du dialogue national ont été officiellement remises au président de la République ce lundi 14 juillet 2025. Tenue du 28 mai au 4 juin, cette grande concertation a réuni institutions, partis politiques, société civile, médias et citoyens via la plateforme Jubbanti. Trois axes majeurs ont structuré les échanges : démocratie et libertés, processus électoral, et réformes institutionnelles.
Des consensus pour renforcer la démocratie
Plusieurs points d’accord marquent une volonté commune de moderniser le système démocratique :
- Fin du cumul des fonctions : il est désormais acté qu’on ne pourra plus cumuler les rôles de chef de l’État et de chef de parti, ou encore de ministre et de dirigeant territorial.
- Réforme des partis politiques : un consensus s’est dégagé sur la nécessité de modifier leur cadre légal, d’encadrer leur financement, et d’unifier les règles qui les régissent.
- Modernisation du vote : introduction progressive du bulletin unique, expérimentation du vote électronique, inscription automatique des primo-électeurs, et reconnaissance du vote des détenus et agents en mission.
- Parrainage : son maintien est accepté, à condition de réformer les modalités de contrôle et de favoriser la transparence par la dématérialisation.
- Audit du fichier électoral et harmonisation de la loi sur la parité ont également été approuvés.
Réformes institutionnelles : un large consensus
La commission dédiée a proposé plusieurs mesures phares :
- Création d’une Cour constitutionnelle élargie, plus accessible et représentative.
- Refonte de la justice électorale, pour des décisions plus rapides et claires.
- Mise en place d’un organe unique de gestion des élections, autonome et pluraliste.
- Création d’une nouvelle instance de régulation des médias, pour allier liberté d’expression et meilleure supervision.
Des points de friction non résolus
Malgré ces avancées, plusieurs sujets ont suscité des désaccords notables :
Démocratie et libertés
- Statut de Chef de l’Opposition : soutenu par la société civile, mais contesté par la majorité.
- Déchéance électorale : débat sur l’autorité compétente (juge seul ou double régime).
- Saisine citoyenne du Conseil constitutionnel : souhaitée par la société civile, jugée prématurée par la majorité.
- Réforme du Code pénal (article 80) et de la loi sur les réunions publiques : demandes de suppression ou de révision portées par l’opposition, reçues avec prudence par la majorité.
- Régime politique : la société civile plaide pour un rééquilibrage des pouvoirs, rejeté par la majorité.
- Publication des sondages, création d’un Observatoire national de la démocratie et calendrier électoral restent également sources de dissensions.
- Financement politique : sujet évité, la majorité refusant d’ouvrir le débat.
Processus électoral
Un point de désaccord majeur : le mode de scrutin aux législatives et locales. La majorité souhaite conserver le système actuel, tandis que l’opposition propose un scrutin majoritaire à deux tours.
Réformes institutionnelles
Si aucun désaccord formel n’a été acté, certaines modalités d’application restent à clarifier.

