Lors du sommet préparatoire des BRICS 2025, le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a marqué les esprits avec un discours puissant et sans détour. Il a qualifié ce sommet non seulement de rendez-vous diplomatique, mais de « tournant historique » dans la quête inachevée de justice postcoloniale.
S’inspirant de figures emblématiques comme Sukarno, Nehru, Zhou Enlai et Kwame Nkrumah, Anwar a rappelé que le Sud global a longtemps été marginalisé par les institutions dominées par l’Occident. Il a toutefois affirmé que cette époque touche à sa fin. « Nous ne pouvons pas continuer à nous plaindre sans agir », a-t-il lancé, saluant le leadership du président brésilien Lula pour sa vision indépendante et audacieuse.
Ce qui distingue aujourd’hui les BRICS, selon Anwar, c’est la convergence des volontés politiques avec les forces vives : le secteur privé, les jeunes, les femmes et la société civile. Il ne s’agit plus de protestations, mais de mise en œuvre concrète : commerce intra-BRICS, souveraineté monétaire, parité technologique et coopération Sud-Sud.
Il a évoqué les initiatives de l’ASEAN, notamment l’usage croissant des monnaies locales dans les échanges entre la Malaisie, l’Indonésie, la Thaïlande et la Chine, comme des exemples de décentralisation monétaire en action. Bien qu’il reconnaisse que la « dé-dollarisation totale » est encore lointaine, il estime que ces premières étapes marquent un tournant crucial.
Appelant à une réforme profonde des institutions mondiales – ONU, FMI, Banque mondiale, OMC – Anwar a insisté sur la nécessité d’un nouvel ordre multilatéral, démocratique et équitable, porté par un Sud global stratégique et affirmé.
Enfin, il a donné rendez-vous aux participants à Kuala Lumpur en octobre, réaffirmant son engagement à poursuivre ce combat aux côtés de dirigeants visionnaires.
BLD

