Le président du mouvement AGIR, Thierno Bocoum, s’insurge contre les arrestations des journalistes Maïmouna Ndour Faye et Babacar Fall, estimant qu’elles constituent une atteinte grave à la liberté de la presse et aux principes démocratiques. Il réclame leur libération immédiate.

Dans une déclaration ferme, le président du mouvement AGIR – Les Leaders, Thierno Bocoum, a pris position sur les arrestations de Maïmouna Ndour Faye et Babacar Fall, arrêtés après avoir interviewé le journaliste Madiambal Diagne, visé par un mandat d’arrêt international.

Citant l’article 11 alinéa 2 du Code de la presse sénégalais, M. Bocoum rappelle que :

« Le journaliste et le technicien des médias ont le devoir de rechercher la vérité, en raison du droit qu’a le public de la connaître, quelles qu’en puissent être les conséquences pour eux-mêmes. »

Selon lui, les deux journalistes « ont exercé ce devoir avec rigueur et courage », incarnant la fidélité à la mission que leur confie la République : informer, questionner et éclairer la société.

Face à eux, écrit-il, « se dressent désormais des apprentis dictateurs qui croient pouvoir camoufler leur incompétence derrière les méthodes d’intimidation, d’arrestations arbitraires et de censure ».

« Aucune démocratie ne s’accommode d’un pouvoir qui redoute la lumière », soutient-il, rappelant que la liberté de la presse, garantie par l’article 8 de la Constitution sénégalaise, s’impose à tous, « y compris aux détenteurs d’un pouvoir provisoire ou d’un égo hypertrophié ».

Sur le plan juridique, M. Bocoum précise qu’un mandat d’arrêt international « ne suspend ni les droits fondamentaux de la personne visée, ni sa liberté d’expression, ni son droit à communiquer sa version des faits ».

« Le journaliste qui recueille cette parole n’enfreint aucune loi. Il exerce la mission que lui reconnaît la Constitution et le Code de la presse, dans le strict respect du droit du public à l’information », ajoute-t-il.

Le leader d’AGIR rappelle également un précédent :

« Le Premier ministre actuel, alors fugitif pour échapper à une procédure judiciaire, n’avait pas été privé de micro. Les journalistes qui l’avaient interrogé n’avaient été ni convoqués ni inquiétés. La République n’avait pas envoyé la gendarmerie dans les studios. »

Pour Thierno Bocoum, cette différence de traitement révèle un “recul inquiétant de l’État de droit”.

« La presse n’est pas un instrument du pouvoir, elle en est le contrepoids. Empêcher un journaliste d’interroger un inculpé, c’est confondre la justice et la propagande et basculer de la République à la répression. »

Il conclut en exigeant la libération immédiate et inconditionnelle des deux journalistes.