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Diogène le Cynique, ce philosophe grec, avait raison d’allumer une lampe torche en plein jour pour dire :

« Je cherche l’homme ! »
Tant il était désespéré par l’obscurité de la nature humaine.
Aujourd’hui encore, ses mots résonnent puissamment au Sénégal, ce pays où la duplicité et le “masla”, cette complaisance maladive, étouffent la vérité et la justice.

Chaque jour, les masques tombent.
Derrière les sourires, les boubous brodés et les beaux discours, se cachent des visages hideux de corrompus, de manipulateurs et de suceurs de deniers publics.
Des hommes politiques, des religieux, des artistes ou des fonctionnaires rivalisent d’un luxe insolent, souvent bâti sur un pacte tacite avec le diable de la cupidité.

Comme le disait La Rochefoucauld :

« L’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu. »

Et au Sénégal, cet hommage est devenu un art de vivre.
Les scandales récents du régime de Macky Sall en sont la preuve éclatante :
Des milliards détournés dans le fonds Force Covid-19 ;
Des ministres inculpés pour malversations ;
Une dette cachée de plus de 7 milliards de dollars léguée au peuple.

Pendant que certains prêchent la transparence, ils vidaient les caisses de l’État dans l’ombre.

Et que dire de ces affaires de mœurs qui éclaboussent des figures médiatiques ,politiques et culturelles ?
De Cheikh Seck à Madiabak Diagne, de Sora Diagne à Doro Guèye, ou encore les polémiques autour de Waly Seck, la société sénégalaise découvre chaque jour de nouveaux visages du vice déguisé en vertu.

L’« Homo senegalis », apôtre du soutoura (pudeur) et du diéléle (retenue), est devenu paradoxalement l’un des êtres les plus masqués du monde.
Derrière les façades pieuses et respectables se cachent souvent des tontons saï-saï, des faux dévots, des prédateurs sexuels ou des prévaricateurs publics.

Comme l’écrivait Nietzsche :

« Ne jamais parler de soi est une forme raffinée d’hypocrisie. »

Même les intellectuels et les guides spirituels, jadis porteurs de lumière morale, semblent désormais contaminés par ce virus social.
On se souvient des manipulations juridiques de l’ancien Ministre de la justice Ismaila Madior Fall pour légaliser le troisième Mandat de Macky Sall qu’il avait auparavant jugé impossible constitutionnellement.

C’est dire que certains élites sont capables de vendre leur dignité au nom du pouvoir et d’avantages personnels .
La politique, devenue un théâtre d’ombres, abrite des acteurs qui, sous le manteau du service public, ne cherchent qu’à assouvir leur soif d’opportunisme et de pouvoir.

Mais la solution ne réside ni dans la seule répression ni dans le fatalisme.
Elle commence par une mise à nu du vrai visage du Sénégalais, une catharsis nationale pour dépouiller nos comportements du masla destructeur.
Il nous faut une révolution culturelle et morale, fondée sur la responsabilité, la vérité et l’humanité.

Comme le disait William Hazlitt :

« Le seul vice impardonnable est l’hypocrisie ; le repentir de l’hypocrite est encore une hypocrisie. »

Le Sénégal ne guérira pas par les sermons hypocrites, les vœux pieux, les déclarations d’intentions; mais par la vérité nue et la justice ferme.
La renaissance morale de ce pays passera par le courage de regarder le mal en face — sans masque, sans “masla”.

Ciré Aw