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Le régime du Président Macky Sall avait posé des jalons clairs pour réduire la pollution urbaine, en fixant à 8 ans l’âge maximal des véhicules d’occasion autorisés à entrer au Sénégal. Ce choix n’était pas anodin. Il traduisait une volonté stratégique de protéger l’environnement, la santé publique et la mobilité urbaine.
Le Sénégal s’était résolument engagé dans une transition vers un transport collectif, propre, inclusif et moderne. Ce virage stratégique reposait sur des projets d’envergure nationale, à fort impact social, économique et environnemental :

  • le Train Express Régional (TER), une première en Afrique de l’Ouest, qui relie Dakar à Diamniadio avec rapidité, confort et zéro émission de CO₂ ;
  • le Bus Rapid Transit (BRT), conçu pour désengorger les grands axes routiers et favoriser une mobilité urbaine efficace, économique et moins polluante ;
  • la modernisation des gares routières, des lignes interurbaines et du parc de transport public, pour mieux relier les régions tout en réduisant les inégalités territoriales.
    Ces initiatives faisaient partie d’une vision d’ensemble cohérente, qui visait à transformer la mobilité sénégalaise à la fois pour réduire les bouchons dans la capitale et pour lutter contre la pollution atmosphérique, principale source de maladies respiratoires, cardiovasculaires et de certains cancers.
    Elles répondaient aussi aux impératifs de santé publique, de justice sociale (en facilitant l’accès aux transports pour tous), et de transition énergétique dans un contexte mondial de plus en plus marqué par l’urgence climatique.
    Mais voilà qu’en 2025, à peine quelques mois après son installation, le gouvernement des « Thiounés » opère un dangereux revirement : il autorise désormais l’importation de véhicules allant jusqu’à 10 ans d’âge, contre 8 auparavant.
    Ce changement, présenté comme une mesure « sociale », n’est rien d’autre qu’un recul stratégique, dicté par des considérations populistes de court terme. Son but réel  est de satisfaire une frange de la diaspora bruyante mais électoralement utile, et flatter certains importateurs influents proches du pouvoir, au mépris des intérêts collectifs.
    En effet, cette décision :
  • Encourage l’encombrement du parc automobile national, en facilitant l’entrée massive de véhicules vétustes, mal entretenus et peu adaptés aux normes urbaines modernes.
  • Alourdit la facture sanitaire du pays, en exposant les populations urbaines déjà fragiles à des niveaux de pollution accrus, favorisant l’explosion des cas de cancers, d’asthme, de bronchites chroniques et de troubles cardiaques.
  • Sabote tous les efforts consentis depuis plus d’une décennie pour faire du Sénégal un modèle de transport durable et intégré en Afrique de l’Ouest.
    Pire encore, cette mesure a été prise sans étude d’impact préalable, sans consultation avec les experts en environnement ou en urbanisme, sans débat démocratique à l’Assemblée nationale. C’est un passage en force, révélateur d’une gouvernance solitaire, arrogante et déconnectée des enjeux du futur.
    Là où l’État devait continuer à investir dans l’intelligence territoriale, dans l’innovation écologique, et dans la réduction de la fracture entre transport privé polluant et transport public durable, le gouvernement ces Thiounés choisissent de rouvrir les frontières aux vieilles carcasses roulantes de l’Europe, pour satisfaire des intérêts électoralistes à court terme.
    Le progrès véritable, ce n’est pas d’augmenter le nombre de voitures fumantes dans les rues de Dakar. Le progrès, c’est de penser à la santé des enfants, à l’air que l’on respire, à la mobilité de demain. C’est de miser sur l’innovation, la planification, la sobriété et l’équité.
    En reculant de deux ans sur l’âge des véhicules importés, ces incompétents n’ouvrent pas la voie à la modernité. Il creuse au contraire la tombe d’une politique de mobilité intelligente, et enlise le Sénégal dans les fumées noires d’un passé que l’on croyait révolu.

Mamadou DJIGO
Ingénieur Aménageur et Développeur de Territoires
Ancien DG de l’ANAT
Membre d SEN – APR