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Il devient de plus en plus fréquent de constater que certains journalistes, dans leur quête de sensationnalisme, déforment les propos des invités, souvent des experts, des spécialistes ou des personnalités publiques, afin de nourrir la polémique et capter l’attention du public. Cette dérive atteint son paroxysme dans les émissions du week-end, où des invités, qui consacrent leur temps précieux à partager des analyses réfléchies et nuancées, se retrouvent souvent avec des propos déformés et extraits de leur contexte pour créer des titres chocs.

Prenons l’exemple récent d’Élimane Haby Kane, invité à partager son expertise sur les enjeux sociopolitiques du Sénégal. Ceux qui connaissent Élimane savent qu’il mourrait avec ses convictions. Il n’a jamais fui ses responsabilités, surtout lorsqu’il s’agit d’exprimer ce qu’il pense. Cependant, il l’a toujours fait avec mesure, comme l’indique son rôle à la tête de l’Organisation éponyme qu’il a co-créée et dirigée en tant que coordonnateur. Ses propos sont régulièrement fondés sur une analyse approfondie et nuancée des situations, loin des raccourcis polémiques.
Lors de cette émission, ses propos ont été réduits à de simples bribes, déformées de leur sens originel. Par exemple, des phrases comme « Le mal est profond, telle autorité doit avoir un suivi psychologique » ont été manipulées pour devenir des titres sensationnalistes, totalement déconnectés du fond de sa pensée. Lui prêter de tels propos, c’est trahir sa pensée et l’enfermer dans un discours qu’il n’a jamais tenu.

Ce type de manipulation médiatique n’est pas un phénomène isolé. Il se multiplie particulièrement lors des émissions du week-end, où certains journalistes, dans une volonté manifeste d’attirer l’attention, choisissent de déformer les propos de leurs invités pour provoquer des réactions. Ces invités, souvent experts dans leur domaine, se retrouvent alors, sans l’avoir souhaité, embarqués dans des polémiques qu’ils n’ont jamais créées, alors qu’ils ont répondu à l’invitation dans l’intention de partager leurs analyses de manière honnête et objective.

Ce phénomène s’est amplifié avec l’importance croissante des réseaux sociaux et des plateformes numériques, où l’instantanéité prime souvent sur la véracité. L’objectif de capter l’attention, de créer du buzz et de susciter des réactions semble désormais l’emporter sur l’éthique journalistique. Ainsi, les journalistes sont parfois tentés de dénaturer les propos de leurs invités pour répondre à un public plus friand de scandales que de véritables réflexions éclairées.
Le plus grand dommage de cette dérive est qu’elle prive le débat public de la présence des experts véritables, ceux qui proposent des idées solides et réfléchies. À force de déformer les propos de ceux qui savent, les journalistes risquent de donner la place à ceux qui, sans expertise réelle, sont prêts à alimenter la polémique et entretenir les conflits.

Cela a des conséquences dramatiques : l’expertise se voit marginalisée, remplacée par une opinion souvent sans fondement mais toujours bruyante. Cela nuit à la qualité du débat public et entraîne une perte de confiance du public envers les médias, qui deviennent de moins en moins perçus comme des sources fiables d’information.
Dans ce contexte, il est urgent de rappeler l’importance de respecter la parole des invités et d’éviter de tomber dans ce piège de la manipulation pour créer des titres accrocheurs. Les journalistes doivent comprendre qu’en déformant les propos de leurs invités, ils non seulement portent atteinte à leur crédibilité, mais ils nuisent également à la qualité des échanges publics.
Si les médias continuent à privilégier la polémique au détriment de l’information, ils risquent de voir leurs rôles et leurs crédibilités sérieusement compromis, et surtout, ils verront de plus en plus de spécialistes décliner leur invitation. Les experts, lassés de voir leurs propos manipulés, choisiront de se retirer des débats publics, laissant la place à des voix moins qualifiées mais plus enclines à alimenter le bruit médiatique.