Olivier Monodji, directeur de publication du journal Le Pays et correspondant de RFI, et cinq de ses co-accusés, ont été reconnus ce mardi 8 juillet non coupables par le tribunal de grande instance de Ndjamena. Ils étaient poursuivis pour « intelligence avec des agents d’une puissance étrangère », en l’occurrence la Russie.

Après des heures d’attente dans une des salles du tribunal de grande instance de Ndjamena, Olivier Monodji et ses co-accusés ont finalement été appelés à la barre peu après 17h ce mardi. Puis, tout est allé très vite. Le président de la cour a tout de suite prononcé les mots tant attendus par le correspondant de RFI et ses proches : « Non coupable » pour tous les six. Le journaliste était aux arrêts au Tchad depuis le 5 mars. Le procureur avait requis deux ans de prison ferme à son encontre, prétendant qu’il était en lien avec la Russie.

Les juges ont motivé leur décision par le fait que les preuves présentées par le procureur n’étaient pas suffisantes pour établir la culpabilité. Les six prévenus sont déclarés non coupables au bénéfice du doute. La séance a duré à peine cinq minutes. Le nom d’un septième co-accusé, journaliste lui aussi, et qui a disparu dans la nature, n’a pas été cité par dans le verdict rendu par la cour, selon des témoins sur place.

Remadji Betolngar, épouse d’Olivier Monodji, n’a pas pu cacher son émotion au micro de notre correspondante à Ndjamena, Nadia Ben Mahfoudh. Ces quatre mois furent « très difficiles » pour celle qui va retrouver son époux.

« C’est une grande joie de le revoir à la maison, à mes côtés… Dieu est grand. »

« Mon client a passé quatre mois en prison injustement, comme on l’a toujours clamé », a réagi Me Alain Ndilyam. Ce dernier s’est dit « partiellement satisfait » par la décision du tribunal de grande instance de Ndjamena. « Les juges ont dit qu’il y a un doute, alors que pour nous, sa non-culpabilité ne fait l’ombre d’aucun doute », a-t-il insisté. Lui et ses collègues de la défense vont interjeter appel.

Après la décision de la cour, Olivier Monodji est retourné une dernière fois à la maison d’arrêt de Klessoum, où lui a été remis l’ordre de mise en liberté. Il a été libéré dans la soirée de ce 8 juillet.

Source : RFI