Monsieur le Président de l’Assemblée générale,
Mesdames, Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement,
Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames, Messieurs les ministres,
Distingués délégués,
Monsieur le Président,
Au nom du Sénégal, je remercie votre prédécesseur et vous adresse mes chaleureuses félicitations, ainsi que mes vœux de succès à la présidence de cette 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Je renouvelle également au Secrétaire général, Monsieur António GUTERRES, notre soutien constant à ses efforts au service de la paix, du développement et des droits de l’Homme.
Nous saluons son action à la tête de l’organisation et lui souhaitons plein succès dans ses activités futures, au moment où s’achève sa mission.
Chers collègues,
Comme l’année dernière, nous nous réunissons encore dans un contexte mondial inquiétant.
L’Organisation se trouve confrontée à une accumulation sans précédent de défis globaux complexes.
Dans ce contexte, le thème de la session traduit avec justesse un enjeu majeur de notre époque : « Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies au service de tous ».
La crise actuelle est certainement une crise de confiance.
Crise de confiance entre États ; crise de confiance dans les institutions internationales ;
crise de confiance dans la vocation du droit international à mobiliser l’action collective, faire respecter les engagements convenus dans la Charte de l’Organisation ; crise de confiance, enfin, dans la promesse originelle des Nations Unies : préserver les générations futures du fléau de la guerre et promouvoir le progrès économique et social pour tous.
Le temps est venu de remettre cette promesse a cœur de l’action des Nations Unies.
Si nous ne voulons pas qu’elle reste juste un idéal, elle doit redevenir une réalité pour tous.
Or, les conflits armés se multiplient.
Les guerres en Ukraine, au Moyen-Orient, au Soudan, les crises en Haïti, au Yémen et en Afrique, y compris l’expansion du terrorisme au Sahel, témoignent d’une dégradation continue et d’une fragilisation profonde de la paix et de la sécurité internationales.
À Gaza comme dans tous les territoires palestiniens occupés, les souffrances humaines sont inacceptables ; la violation systématique du droit international intolérable.
Il est temps d’agir pour arrêter l’horreur des massacres et des destructions.
Aucune paix, aucune sécurité ne sera ni viable, ni durable sans la solution à deux Etats : la Palestine, avec Jérusalem Est comme capitale, et Israël ; les deux vivant côte à côte dans des frontières sûres et internationalement reconnues.
Dans une situation de conflits permanents, qui favorise la course aux armements, fragilise les mécanismes de désarmement et accroît les risques liés aux nouvelles technologies et à la conquête de l’espace extraatmosphérique, le Sénégal appelle à un sursaut collectif.
La paix n’est pas une simple aspiration.
Elle est une responsabilité collective.
C’est pourquoi en ma qualité de Président en exercice de la CEDEAO, je ne ménagerai aucun effort pour travailler au service de la paix et de la sécurité dans la sous-région, en collaboration avec l’Union africaine et les Nations unies.
Je pense en particulier à la lutte contre le terrorisme. Elle doit être un combat commun, parce que le fléau du terrorisme est par essence transfrontalier.
Le Sahel ne doit pas être abandonné à son triste sort. Sa déstabilisation n’épargnera ni l’Afrique, ni d’autres intérêts présents au sahel.
Je n’oublie pas les crises sanitaires qui s’aggravent ; l’épidémie d’Ebola nous le rappelle.
Les inégalités mondiales s’accentuent. L’urgence climatique est devenue une réalité encore plus brutale, dont le coût humain, économique et social ne cesse de s’alourdir.
Sur le climat et sur bien d’autres périls environnementaux de notre temps, il nous faut agir.
C’est notre ambition pour la troisième Conférence des Nations Unies sur l’eau que le Sénégal co-organisera avec les Émirats arabes unis, à la fin de cette année.
Mesdames, Messieurs,
La paix durable ne peut être dissociée du développement.
Quarante ans après l’adoption de la Déclaration sur le droit au développement, nous savons ce qu’il faut faire pour y arriver : une réforme profonde de l’architecture financière internationale ;
un traitement soutenable de la dette ; une fiscalité mondiale équitable ; un meilleur accès aux financements concessionnels ; et enfin, la mise en œuvre de l’engagement de Séville ainsi que du pacte pour l’avenir.
Le Sénégal croit également au potentiel transformateur des nouvelles technologies, y compris le développement d’une intelligence artificielle fondée sur les normes d’éthique, de responsabilité et d’inclusion.
Le lancement de notre premier satellite illustre notre volonté de faire de l’espace, du numérique et de l’intelligence artificielle des instruments au service du développement humain.
Monsieur le Président,
Chers Collègues,
Mesdames, Messieurs,
Nous connaissons tous les défis liés à la vie de l’Organisation, dont la situation financière préoccupante qui affecte sa capacité opérationnelle et nourrit des interrogations sur son efficacité.
C’est le cas pour les opérations de paix. C’est aussi le cas pour les Objectifs de développement durable dont la réalisation accuse des retards considérables.
Face à cette réalité il est vrai peu engageante, certains pourraient être tentés de considérer le multilatéralisme comme un modèle dépassé, et d’agir en marge de nos mécanismes communs.
Le Sénégal ne partage pas cette vision.
Au contraire, c’est précisément parce que le monde traverse une accumulation de crises sans précédent que nous avons besoin d’une Organisation des Nations Unies plus forte, plus représentative et plus efficace.
Nous ne règlerons pas les crises en fragmentant davantage le système multilatéral.
Nous ne construirons pas la paix dans une logique de rapports de force.
Nous ne garantirons pas un ordre international juste en substituant la force au droit. Ce serait mettre en péril la raison d’être principale de l’Organisation : le dialogue, la prévention des conflits, le règlement pacifique des différends, la coopération et le respect du droit international.
Dans cet esprit, l’initiative ONU 80 nous offre une opportunité historique d’engager les transformations structurelles et normatives nécessaires.
Mais réformer l’Organisation des Nations Unies ne doit pas réduire son ambition ; mais la rendre moins bureaucratique dans son fonctionnement, plus agile dans l’action, plus efficace dans ses dépenses, et mieux articulée entre le siège et le terrain pour mieux servir les peuples qu’elle représente.
Le Sénégal soutient cette dynamique.
C’est le sens de notre contribution au renforcement du système des Nations Unies, avec la construction, sur nos ressources propres, de la Maison des Nations Unies sur la nouvelle ville de Diamniadio, à une trentaine de kilomètres de Dakar.
Cette plateforme équipée des dernières technologies, accueillera sur un même site l’ensemble des entités du système des Nations Unies, favorisant ainsi davantage de cohérence et d’efficacité.
Mais une Organisation plus forte suppose aussi que les États membres respectent leurs engagements financiers au titre de leurs contributions statutaires.
Monsieur le Président,
Les années passent, mais nos efforts pour la réforme de la gouvernance restent encore sans effet significatif.
Le statu quo sur la réforme du Conseil de sécurité en témoigne. Nous convenons tous que la composition du Conseil ne reflète pas les réalités de notre temps.
Nous sommes d’accord que son élargissement ne doit pas conduire à davantage d’inertie dans l’action.
Mais face au déficit de légitimité qui caractérise la configuration du Conseil, nous ne devons plus rester dans le temps du constat ; nous devons être dans le temps de l’urgence et de l’action.
C’est une question de justice, de crédibilité et d’équilibre du système international ; et c’est tout le sens du consensus d’Ezulwini qui traduit la position africaine commune sur la réforme du Conseil.
Dans cet esprit, le Sénégal présente sa candidature à un siège non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2032-2033.
Mais au-delà de la réforme, l’Organisation a aussi besoin d’un leadership expérimenté pour conduire son action en ces temps de crises et d’incertitudes.
Elle a besoin d’un Secrétaire général capable de parler à tous, d’écouter et de bâtir des ponts entre les Etats membres.
C’est la vision que porte Monsieur Macky SALL, ancien Président de la République du Sénégal. C’est l’occasion pour moi de renouveler mon appui à sa candidature et de réitérer la demande de soutien du Sénégal auprès des Etats membres.
Mesdames, Messieurs,
Au moment où notre Organisation cherche à rétablir la confiance, le Sénégal continue de croire à la vision d’un monde fondé sur la paix, la justice, la dignité de chacun et la fraternité humaine.
Le monde n’a pas besoin de postures unilatéralistes.
Il a besoin d’un multilatéralisme plus juste, plus inclusif et plus efficace.
Faire face à nos défis exige des ponts plutôt que des murs.
Le dialogue plutôt que la confrontation.
La coopération plutôt que l’isolement.
Le droit plutôt que la force.
C’est l’esprit dans lequel le Sénégal accueillera les Jeux Olympiques de la Jeunesse.
Ce premier évènement olympique de l’histoire en Afrique rassemblera du 31 octobre au 13 novembre 2026, 2700 jeunes athlètes en provenance de 206 comités nationaux olympiques.
En accueillant la jeunesse du monde, le Sénégal accueillera bien plus qu’une compétition sportive. Il accueillera une promesse : celle d’une génération qui veut se rencontrer plutôt que s’affronter, se dépasser plutôt que se diviser, construire ensemble plutôt que s’opposer.
C’est aussi la promesse olympique. Et, au fond, c’est la promesse des Nations Unies : faire de nos différences une force, de notre diversité une richesse et de notre commune humanité le fondement de la paix. Confiant dans ce viatique olympique, je convie tous les pays membres à la cérémonie d’ouverture des JOJ le 31 octobre 2026 et vous remercie de votre aimable attention.
