This picture taken on July 12, 2019 shows flags the West African Economic and Monetary Union (UEMOA) countries during the 21st ordinary session of heads of states of The West African Economic and Monetary Union (UEMOA) in Abidjan. (Photo by ISSOUF SANOGO / AFP)

L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) fait face à un défi majeur en matière d’emploi des jeunes. Selon Mamadú Sérifo Jaquite, commissaire chargé du département du Développement humain de l’Union, plus de 2,5 millions de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail, tandis que le taux de chômage dans la tranche des 15-24 ans atteint 20,6 %.

S’exprimant lors d’un dialogue avec la jeunesse, organisé lundi autour du thème « Chemins d’avenir avec les jeunes pour le développement, la paix et l’intégration », le commissaire a rappelé que 60 % des 149 millions d’habitants de l’espace UEMOA sont âgés de moins de 25 ans. Une dynamique démographique qui accentue la pression sur un marché du travail déjà saturé.

Mamadú Sérifo Jaquite souligne que plus de 85 % des jeunes trouvent un emploi dans le secteur informel, qualifié de « débrouillardise », faute d’un système productif et d’un dispositif d’encadrement capables d’absorber l’ensemble des demandeurs d’emploi. Cette insuffisance touche aussi bien les diplômés que les sortants des écoles de formation.

Le responsable note toutefois un signe encourageant : le taux d’endettement des États membres est passé de 64,2 % à 62,3 %, indiquant une tendance à la baisse.

Pour faire face à ces enjeux, l’UEMOA a élaboré un plan stratégique projetant une vision à l’horizon 2040, avec des impacts attendus dès 2030. Parmi les initiatives annoncées figure un fonds crédit culture de 20 milliards de FCFA destiné au secteur culturel.

La commissaire de la CEDEAO chargée du Développement humain et des Affaires sociales, Fatou Sow Sarr, a pour sa part insisté sur l’importance des contributions des jeunes. Leurs recommandations seront prises en compte dans la préparation d’une nouvelle offre de la CEDEAO prévue pour 2026, visant à permettre à chaque pays d’identifier ses propres défis et de proposer des réponses concertées.

Le dialogue s’inscrit dans le cadre de la première édition du Festival ouest-africain des arts et de la culture (ECOFEST), organisée en partenariat avec le Sénégal, autour du thème « Mutations et crises politiques en Afrique de l’Ouest : que peut faire la culture ? ». L’événement, qui se tient jusqu’au 6 décembre, réunit des délégations de 12 pays de la sous-région, à l’exception du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Les panels prévus mardi et mercredi permettront aux jeunes d’exprimer leurs préoccupations afin d’élaborer une véritable politique de jeunesse, selon les organisateurs.

Avec APS