Par Magaye Gaye,Économiste International ,ancien cadre de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD)
RÉFLEXION NÉE À MADRID – 2010
Un jour, au détour d’une escale à l’aéroport de Madrid, j’ai longuement réfléchi au sens de la création et aux débats récurrents sur l’environnement. Crayon à la main, j’ai écrit une question simple :« Pourquoi l’homme veut-il se priver du pétrole, du gaz et du bois que Dieu lui a donnés pour vivre ? »Cette question, posée dans le silence d’une salle d’embarquement, me revient aujourd’hui à la veille de la COP 30, comme un appel à replacer la foi, la raison et la dignité humaine au centre du débat mondial.
1. UNE ÉCOLOGIE QUI OUBLIE DIEU ET L’HOMME
Les conférences sur le climat se succèdent avec les mêmes constats : promesses non tenues, prévisions alarmistes et absence de réalisme économique. La vision dominante continue d’opposer l’Homme et la Nature, en oubliant le Créateur, troisième pilier de l’équilibre universel.En écartant Dieu, le débat perd son fondement moral : l’homme n’est plus vu comme le dépositaire de la Terre, mais comme un coupable. Ses droits environnementaux fondamentaux – se nourrir, se chauffer, se loger – sont niés au nom d’une écologie dogmatique. Pendant que certains interdisent aux pauvres d’utiliser leurs forêts pour survivre, d’autres, plus riches, continuent à exploiter massivement les mêmes ressources sous couvert de transition énergétique. Ce décalage traduit une écologie idéologique, oublieuse de la réalité des peuples et des limites humaines. Le discours climatique se réduit à une culpabilisation globale où le plus faible porte la faute, alors que la responsabilité première incombe à ceux qui ont transformé la Terre en marché mondial.
2. LE VÉRITABLE ENNEMI : LE GASPILLAGE ET LA DÉMESURE
L’humanité ne manque pas de ressources, elle manque de gratitude et de mesure. Ce ne sont pas le pétrole, le gaz ou le bois qui détruisent la planète, mais la cupidité et le gaspillage. Chaque année, des milliards de litres d’eau et des millions de tonnes de nourriture sont jetés alors que la faim gagne du terrain. Des quantités d’énergie sont dilapidées dans un confort artificiel, des ressources naturelles transformées en produits jetables.Le problème n’est donc pas l’usage, mais l’abus. Dieu n’a pas créé un monde insuffisant ; c’est l’homme qui, par son désordre, a brisé l’harmonie naturelle. Ce déséquilibre moral se traduit par des nuisances climatiques : corruption, surconsommation, dérives géopolitiques. Les COP, depuis des décennies, n’ont jamais su intégrer cette dimension spirituelle. Elles se contentent d’un traitement technocratique du symptôme, ignorant la cause : la perte du sens sacré du don.Sur le plan international, le débat est souvent biaisé. Les engagements financiers annoncés – les fameux 100 milliards de dollars promis pour soutenir les pays vulnérables – restent virtuels. Et pendant que ces pays se débattent pour financer leur survie énergétique, les puissances industrialisées continuent d’imposer des standards écologiques qui freinent leur développement. Derrière la lutte contre le réchauffement se cache trop souvent une géopolitique d’influence : contenir l’essor des nations émergentes sous prétexte de protection planétaire.
3. LA VRAIE TRANSITION : REVENIR À DIEU
La Terre est un système autorégulé, programmé par une sagesse qui dépasse l’entendement humain : alternance du jour et de la nuit, régénération de l’eau, stabilité des montagnes, reproduction des espèces. Chaque élément obéit à un équilibre précis. L’homme n’a pas été créé pour défier cet ordre, mais pour en être le gardien. Quand il s’en écarte – par la corruption, la démesure ou la perte d’éthique – la nature réagit et le ramène à la modestie.La COP 30 ne devrait pas être une tribune politique de plus, mais un appel au sursaut spirituel. Il ne s’agit pas de condamner les énergies fossiles, mais d’apprendre à les utiliser avec justice et tempérance. Il ne s’agit pas non plus de culpabiliser l’humanité, mais de lui rappeler que le Créateur a fait de la Terre une demeure suffisante pour tous, à condition que chacun vive selon la mesure.L’écologie véritable repose sur trois piliers : Dieu, source de toute abondance ; l’Homme, bénéficiaire et responsable ; et la Nature, dépositaire des bienfaits divins. La vraie transition n’est pas énergétique, elle est intérieure. Sans retour vers Dieu, aucune écologie ne sera durable. Car protéger la Terre, c’est avant tout honorer Celui qui l’a créée.
