Ansoumana DIONE, Président de l’Association sénégalaise pour l’assistance aux malades mentaux (ASSAMM), lance un cri d’alarme sur l’abus d’alcool chez les jeunes au Sénégal. Selon lui, de plus en plus de parents l’appellent à l’aide pour leurs enfants devenus agressifs en raison de leur dépendance à l’alcool ou aux drogues.
Ansoumana Dione, qui avait déjà alerté sur cette question il y a plusieurs années, pointe du doigt la facilité d’accès à l’alcool. Il critique la vente de canettes d’alcool dans les supermarchés et les stations-service, qui a rendu la substance accessible à tous. Selon lui, la vente d’alcool, autrefois bien réglementée, est aujourd’hui trop libéralisée, ce qui a entraîné une augmentation du nombre de jeunes alcooliques.
Les conséquences sont dramatiques : des familles entières sont victimes d’agressions. Un cas récent à Mbour, où un père ou une mère de famille a été tabassé par son propre enfant, illustre parfaitement ce phénomène. Le fléau est devenu un véritable fardeau pour les populations.
Le président de l’ASSAMM signale que le manque de structures spécialisées et de personnel qualifié rend la prise en charge des victimes difficile. Son propre centre à Kaolack, bien qu’il ait aidé des jeunes à se rétablir, est souvent contraint de les orienter vers les quelques structures existantes à Dakar. Cependant, ces centres ne peuvent pas répondre à la forte demande en raison de leur capacité d’accueil limitée.
Ansoumana Dione en appelle aux autorités pour réglementer la vente d’alcool afin de protéger la jeunesse, considérée comme le « moteur du développement » du pays. Il insiste sur la nécessité de préserver la sécurité des citoyens.

