L’ancien ministre de la Défense d’Idriss Déby,Mahamat Abali Salah  a été rétrogradé puis radié des forces armées tchadiennes pour « faute grave ». Cette sanction intervient alors que des tensions persistent dans sa région natale de Miski, dans le Tibesti.

Le Général de corps d’armée Mahamat Abali Salah, ancien ministre de la Défense nationale, a fait l’objet d’une mesure disciplinaire exceptionnelle. Par décret daté du 16 septembre, il a d’abord été rétrogradé au grade de simple soldat de 2ᵉ classe, puis définitivement radié des effectifs des Forces de défense et de sécurité tchadiennes. Les autorités militaires invoquent une « faute grave » sans toutefois en révéler la nature exacte.

Ingénieur de profession, Mahamat Abali Salah occupait le poste stratégique de ministre de la Défense sous la présidence d’Idriss Déby Itno. Après la mort du président tchadien en avril 2021 lors d’affrontements avec les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), l’ancien ministre avait choisi la voie de l’exil.

Cette sanction disciplinaire intervient dans un contexte particulier. Des déclarations attribuées au général circulent actuellement sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias, en lien avec la situation tendue dans sa région d’origine, Miski, située dans la province du Tibesti. La région fait l’objet d’une attention particulière des autorités tchadiennes qui ont formellement démenti, le 14 septembre, toute agression contre les populations civiles de cette zone.

Pour renforcer la sécurité et consolider l’autorité étatique, des unités des Forces de défense et de sécurité ont été déployées sur le terrain. Cette vigilance s’inscrit dans une démarche plus large de pacification de la province, où plusieurs accords de paix ont été conclus depuis 2019 avec différents groupes d’autodéfense locaux.

Le Comité d’autodéfense de Miski a tenu à clarifier sa position vis-à-vis du gouvernement central. Selon ses représentants, aucun différend majeur n’oppose actuellement le comité aux autorités nationales, les récents points de friction ayant été résolus par la voie du dialogue. L’organisation locale réaffirme par ailleurs son attachement au respect de l’accord de paix signé le 20 avril 2025 à Bardai, dont la mise en œuvre progresse notamment à travers les activités de la Commission nationale de suivi, la suspension temporaire des permis d’exploitation minière et l’encadrement renforcé de l’exploitation minière artisanale locale.

S’agissant du déploiement militaire dans la région, le Comité d’autodéfense souligne que cette question fait l’objet d’échanges réguliers et constructifs avec les autorités compétentes, dans un climat de transparence mutuelle. Le comité rappelle que seule l’équipe du Médiateur de la République, accompagnée de l’équipe officielle de facilitation, dispose du mandat gouvernemental et de l’acceptation populaire nécessaires pour accompagner la phase finale de mise en œuvre de l’accord de paix.

Cette affaire illustre les défis complexes auxquels fait face le Tchad dans sa gestion des équilibres régionaux et de la cohésion de ses forces armées, particulièrement dans les zones frontalières sensibles comme le Tibesti.

APA