Les visites institutionnelles du diplomate sénégalais s’inscrivent dans la dynamique de réconciliation amorcée entre Dakar et Niamey depuis mai 2025.
L’ambassadeur du Sénégal au Niger, Mouhamadou Sarr, poursuit sa mission de rapprochement diplomatique avec une série de rencontres institutionnelles. Mardi 2 septembre 2025, il a été reçu par le Dr Mamoudou Harouna Djingarey, président du Conseil consultatif de la Refondation du Niger, en présence des membres du bureau du Conseil.
Le lendemain, mercredi 3 septembre, le diplomate sénégalais s’est rendu à l’hôtel de ville de Niamey où il a échangé avec l’administrateur délégué de la capitale sur le renforcement de la coopération décentralisée. Ces démarches interviennent trois semaines après la présentation de ses lettres de créance au président Abdourahamane Tiani, le 15 août dernier.
Une réconciliation en marche depuis mai 2025
Ces initiatives s’inscrivent dans le prolongement du rapprochement historique amorcé en mai 2025 par la visite du ministre sénégalais des Forces armées, général Birame Diop, à Niamey. Accompagné de l’ancien ministre Amadou Hott, cette mission marquait la première rencontre de haut niveau depuis l’arrivée au pouvoir du CNSP en juillet 2023.
Cette normalisation diplomatique constitue un tournant majeur après une période de fortes tensions. Dakar avait en effet figuré parmi les plus fermes partisans d’une intervention militaire de la Cédéao pour restaurer l’ordre constitutionnel au Niger, suite au coup d’État de juillet 2023.
Lors de cette visite de mai, le général Diop avait défini les contours de la nouvelle coopération bilatérale : « Le message de notre Président confirme la détermination du Sénégal à collaborer étroitement avec le Niger pour renforcer des relations déjà excellentes. L’œuvre humaine n’étant pas parfaite, des améliorations sont toujours envisageables ».
Des axes de coopération diversifiés
Le ministre avait alors identifié plusieurs domaines prioritaires de collaboration. Sur le plan militaire, il avait rappelé les liens historiques : « Nombreux sont nos militaires formés ici au Niger, tout comme de nombreux membres des forces nigériennes sont formés au Sénégal ». Il avait également insisté sur le renforcement des échanges de renseignements, estimant que « la possession d’informations fiables garantit le succès dans la lutte antiterroriste ».
En matière économique, le général Diop avait évoqué la nécessité de dynamiser les échanges commerciaux, soulignant : « Nous avons parlé de l’importance de renforcer le secteur commercial, où des foires sont régulièrement organisées avec une forte participation sénégalaise. Notre conviction est que nous pouvons accomplir davantage ».
La connectivité aérienne figurait également parmi les priorités, avec l’objectif d’établir une liaison directe Air Sénégal entre les deux pays pour « faciliter les échanges entre nos populations ».
Le défi migratoire avait aussi été abordé, le ministre questionnant : « Le Sénégal est un pays source, tandis que le Niger est une zone de transit. Comment pouvons-nous conjuguer nos efforts pour mieux faire face à ce phénomène ? »
La coopération décentralisée au cœur des échanges
C’est dans cette optique que l’ambassadeur Sarr a axé ses discussions avec les autorités de Niamey sur la coopération décentralisée. Lors de sa visite à la mairie, il a rappelé les partenariats existants entre la capitale nigérienne et plusieurs villes sénégalaises : Dakar, Kébémer et Louga, ainsi qu’avec d’autres métropoles africaines comme Praia.
Le diplomate a mis l’accent sur les complémentarités naturelles entre Dakar, ville côtière, et Niamey, située dans l’hinterland sahélien, y voyant un atout pour le développement des échanges bilatéraux.
Sa visite s’est achevée par la signature du livre d’or de la municipalité, geste symbolique réaffirmant l’engagement sénégalais dans cette dynamique de réconciliation et de coopération renforcée entre les deux pays voisins.
Cette série de rencontres institutionnelles témoigne de la volonté des deux pays de concrétiser les engagements pris lors de la mission ministérielle de mai, marquant une nouvelle étape dans la normalisation des relations Niger-Sénégal.
APA
