Selon l’OCDE, la dette représente désormais une menace sérieuse pour la stabilité économique mondiale, avec un risque de refinancement élevé pour les États et les entreprises. En 2025, les émissions obligataires devraient encore croître, atteignant 25 000 milliards de dollars, contre 16 000 milliards en 2024. Le ratio dette/PIB des pays de l’organisation grimperait à 85 %, soit 10 points de plus qu’avant la pandémie.

Autre source d’inquiétude : près de 45 % de la dette souveraine de l’OCDE arrivera à échéance d’ici à 2027, dont une large part émise avant la hausse des taux d’intérêt en 2022. Son refinancement alourdira le service de la dette, qui devrait passer à 3,3 % du PIB en 2024.

Le rapport met également en garde contre un découplage entre l’endettement des entreprises et l’investissement productif. Depuis 2009, les émissions obligataires des sociétés non financières ont dépassé de 12 900 milliards de dollars leur tendance d’avant-crise, sans générer de hausse significative de l’investissement.

L’OCDE estime qu’un tiers de la dette des entreprises arrivera à échéance d’ici à 2027, avec un marché obligataire mondial de 35 000 milliards de dollars, sans compter 25 000 milliards de prêts syndiqués.

La transition climatique aggrave ces pressions. Si le secteur public devait financer seul les efforts nécessaires, cela ferait bondir le ratio dette/PIB de 25 points dans les économies avancées et de 41 points en Chine d’ici 2050. Dans les pays en développement (hors Chine), le déficit d’investissement climatique atteindrait 10 000 milliards de dollars.

L’OCDE appelle donc à une discipline budgétaire renforcée, à un ciblage des investissements stratégiques (infrastructures, numérique, climat) et à une réforme des marchés financiers locaux, notamment dans les pays émergents. Faute de quoi, la combinaison d’une dette croissante, de charges d’intérêt plus lourdes et de besoins climatiques massifs pourrait freiner durablement la croissance mondiale.