Placé sous la tutelle technique du Ministère de la Communication et sous la tutelle financière du Ministère des Finances et du Budget, le FADP a pour mission de soutenir le développement des entreprises de presse à travers plusieurs leviers : le financement de projets, la modernisation des équipements, la garantie de prêts bancaires, mais aussi l’appui à la formation continue, et la soutien à l’autorégulation du secteur.

L’Agence de Presse Sénégalaise (APS) bénéficie également de subventions directes dans le cadre des services rendus à l’ensemble des médias. Le Fonds contribue par ailleurs au fonctionnement de la Commission de la Carte nationale de presse.

Le FADP est destiné aux entreprises de presse régulièrement constituées et en activité sur le territoire national, qu’il s’agisse de presse écrite, en ligne ou audiovisuelle. Les radios communautaires ou associatives à but non lucratif, ainsi que les journalistes et techniciens, sont également éligibles, notamment pour des actions de formation continue.

Des critères stricts pour plus de professionnalisation

Pour être éligibles, les entreprises doivent être conformes au Code de la Presse, disposer d’une rédaction majoritairement composée de professionnels reconnus, employer au moins cinq personnes à temps plein, et, pour les médias audiovisuels, consacrer 30 % de leur grille à la promotion des valeurs culturelles nationales.

Les médias doivent également dédier 75 % de leur contenu à l’information politique, économique, sociale, culturelle ou sportive, tout en respectant des obligations sociales : immatriculation à la sécurité sociale, paiement des cotisations, conformité à la législation sur les droits d’auteur et application de la convention collective.

Pour la presse écrite, une parution régulière et une vente minimale quotidienne de 3 000 exemplaires (ou 2 000 pour les périodiques) sont requises.

Une procédure d’octroi encadrée

Le dossier de demande doit comprendre plusieurs pièces justificatives, dont :

  • un formulaire dûment rempli,
  • les documents légaux de constitution,
  • un quitus fiscal et social,
  • un projet détaillé avec devis certifiés,
  • un plan de recrutement prévisionnel,
  • un engagement sur l’honneur quant à l’usage des fonds,
  • un compte bancaire dédié,
  • et pour les entreprises de plus d’un an, un bilan financier.

Le FADP exige également que chaque bénéficiaire rende compte de l’utilisation des fonds et accepte d’éventuelles vérifications.

Ce décret s’inscrit dans une volonté affichée par les autorités de renforcer la professionnalisation et la viabilité économique des médias au Sénégal, dans un contexte marqué par des défis croissants liés à la transformation numérique, à la désinformation et à la précarité dans le secteur.