La station balnéaire de Saly accueille, du 28 au 30 juillet 2026, la quatrième édition de la Conférence NTA Africa. Chercheurs, décideurs publics et partenaires techniques y débattent des enjeux de l’économie générationnelle et de l’économie des soins, deux leviers jugés essentiels pour bâtir des politiques publiques plus inclusives sur le continent.

 La quatrième édition de la Conférence NTA Africa s’est ouverte ce mardi 28 juillet à Saly. Elle réunit des experts venus de plusieurs pays africains autour d’un objectif commun. Organisée par le Consortium régional pour la Recherche en Économie Générationnelle (CREG), cette rencontre de trois jours se tient sous le thème : « Économie générationnelle et économie des soins au cœur des politiques publiques en Afrique ».

Présidant la cérémonie d’ouverture, le directeur de Cabinet du ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Dr Amadou Diaw, a rappelé que les mutations démographiques que connaît l’Afrique imposent de repenser les stratégies de développement. « L’Afrique représente aujourd’hui près de 18 % de la population mondiale. Selon les projections des Nations unies, elle comptera près de 2,5 milliards d’habitants à l’horizon 2050, soit un quart de la population mondiale. Plus de 60 % des Africains ont moins de 25 ans », a-t-il déclaré. Il n’a pas manqué de souligner que cette jeunesse constitue à la fois un défi et une formidable opportunité pour le continent.

Le poids invisible de l’économie des soins

Au cœur des échanges figure l’économie des soins, un secteur souvent peu valorisé malgré son importance dans le fonctionnement des sociétés. S’appuyant sur les données nationales, Dr Amadou Diaw a mis en évidence les fortes disparités entre les femmes et les hommes dans la répartition des tâches domestiques et des activités de soins non rémunérées.

« Au Sénégal, 90 % des femmes participent quotidiennement à des activités non rémunérées, contre 54 % des hommes. Les femmes y consacrent en moyenne cinq heures par jour, alors que les hommes y consacrent environ deux heures », a-t-il indiqué.

Selon lui, cette charge de travail non rémunérée réduit considérablement les possibilités d’insertion économique des femmes. Le taux d’activité féminin reste limité à 47,7 %, contre 68,7 % chez les hommes. Le chômage élargi touche 32,9 % des femmes, contre 11,8 % des hommes, tandis que 44 % des jeunes femmes ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation.

Autre chiffre révélateur, les études menées au Sénégal estiment que le travail domestique et de soins non rémunérés représente près de 17,5 % du Produit intérieurbrut (PIB). Ce qui  illustre son poids économique considérable, bien qu’il demeure largement invisible dans les statistiques classiques.

Vers des politiques publiques mieux adaptées

Pendant trois jours, les participants analyseront les effets des transitions démographiques sur les besoins sociaux, économiques et sanitaires du continent. Les travaux porteront également sur le rôle de l’économie des soins dans les systèmes de santé et de protection sociale, ainsi que sur les mécanismes de financement susceptibles de soutenir durablement ce secteur.

Les organisateurs ambitionnent aussi de favoriser le partage d’expériences entre chercheurs, responsables politiques, partenaires au développement et représentants de la société civile afin d’identifier des solutions adaptées aux réalités africaines.

À l’issue de la rencontre, plusieurs recommandations sont attendues. Elles devraient notamment contribuer à une meilleure intégration des questions liées à l’économie générationnelle et à l’économie des soins dans les politiques publiques nationales.