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Alors que le président Bassirou Diomaye Faye participe au sommet Union Européenne – Union Africaine à Luanda, l’attention politique au Sénégal reste tournée vers la dynamique complexe entre lui et son Premier ministre, Ousmane Sonko. Cette relation, fondée sur une histoire commune de lutte et de mobilisation, traverse aujourd’hui une phase de réajustement qui interroge observateurs, diplomates et citoyens.

L’arrivée au pouvoir en 2024 a installé une configuration inédite : un exécutif à deux têtes, reposant sur deux types de légitimité. D’un côté, la légitimité institutionnelle du Président, expression de la continuité de l’État et de la diplomatie républicaine. De l’autre, la légitimité charismatique et populaire du Premier ministre, forgée dans un contexte de tensions politiques et d’engagement militant intense. Ce modèle, admiré pour sa singularité et son audace, commence aujourd’hui à montrer ses zones de fragilité.

Les derniers événements n’ont pas révélé de crise ouverte, mais ils ont mis en lumière certains signaux faibles : une communication parfois mal coordonnée, des interprétations divergentes entre le style présidentiel et celui de la Primature, une base militante plus rapide à réagir que l’administration, et un appareil d’État qui, comme souvent dans les régimes semi-présidentiels, s’aligne naturellement sur la Présidence, garante de la continuité institutionnelle. Le déplacement récent du Premier ministre à l’étranger, qui a circulé dans l’espace public avant d’être encadré institutionnellement, n’a pas créé une crise politique en soi. Mais il a révélé la nécessité d’une synchronisation plus rigoureuse entre les deux pôles de l’exécutif.

Dans un pays qui sort de deux années de fortes tensions politiques, l’opinion publique est particulièrement attentive à la cohérence du pouvoir. Le moindre flou est amplifié, interprété, et parfois instrumentalisé. Cette hyper-sensibilité n’est pas surprenante : elle témoigne d’un désir collectif de stabilité, de clarté et de continuité dans l’action publique.

La situation sénégalaise est d’autant plus scrutée que le pays occupe une place centrale dans un environnement régional marqué par l’incertitude. Pour les partenaires africains et européens, la capacité du duo Sonko–Diomaye à parler d’une seule voix, à consolider leur cohésion et à réaffirmer leur complémentarité est désormais un enjeu stratégique. La question n’est pas de savoir si une rupture aura lieu, mais comment l’exécutif parviendra à transformer une dyarchie fragile en une collaboration mature.

Les fins mots de cette histoire s’écriront moins dans les incidents médiatiques que dans la capacité des deux hommes à aligner leurs méthodes, à clarifier leurs rôles et à unifier leur récit politique. Le Sénégal n’a pas besoin d’un exécutif fracturé ou de tensions larvées : il a besoin de deux leaders qui, malgré leurs différences de styles et de légitimités, se reconnaissent comme les piliers d’une même responsabilité nationale.
L’enjeu n’est pas seulement politique : il est institutionnel, régional et historique.

Par Assane NIANG,
Spécialiste en Communication Institutionnelle
Formateur à l’Université d’Excellence Amadou Makhtar Mbow
Formateur à l’ ISEPAT Dakar -Diamniadio

E-mail : assane.niang1290@gmail.com