Une lettre ouverte adressée à Monsieur Cheikh Diba, ministre des Finances et du Budget, met en lumière les lourdeurs administratives et les pratiques pernicieuses qui minent les petites et moyennes entreprises (PME). Le document, signé par Cheikhou Oumar Sy, ancien parlementaire et président de l’OSIDEA, dénonce les difficultés croissantes liées à l’obtention et à la validité du quitus fiscal, un sésame indispensable pour opérer avec l’État.
Le quitus fiscal, document certifiant qu’une entreprise est en règle avec l’administration fiscale, est devenu une source de tracas majeurs pour les PME depuis le début de l’année 2025. Alors que le processus ne prenait que 48 à 72 heures, il faut désormais attendre entre deux semaines et un mois pour l’obtenir. Ce retard, dû à une procédure jugée lourde et inefficace, met en péril la trésorerie des entreprises, limite leur accès aux marchés publics et, par conséquent, freine leur compétitivité.
Plus inquiétant encore, la lettre ouverte révèle une pratique du Trésor public qui consisterait à retarder volontairement le règlement des bons de paiement de l’État. Ces retards, parfois délibérés, visent à faire expirer le quitus fiscal initialement fourni par l’entreprise. Cette situation oblige les sociétés à solliciter un nouveau quitus pour recevoir leur dû, même si elles avaient rempli toutes les conditions requises au moment du dépôt de leurs factures. Une telle manœuvre est qualifiée d’ »injuste et préjudiciable » pour la survie de nombreuses PME, dont la trésorerie est déjà sous pression.
L’auteur de la lettre, Cheikhou Oumar Sy, appelle le ministre des Finances et du Budget à prendre des mesures pour rectifier cette situation. Il insiste sur le fait qu’un quitus fiscal présenté au moment de la soumission d’une facture doit rester valable jusqu’au paiement effectif de celle-ci, sans que son expiration ultérieure ne soit utilisée comme prétexte pour un retard.
Dans l’esprit du « New Deal Technologique » initié par le Président Bassirou Diomaye Faye, il propose également la digitalisation de la procédure. Un système où les entreprises pourraient recevoir leur quitus fiscal par courrier électronique dans des délais raisonnables permettrait de fluidifier la relation entre l’administration et les contribuables, et de renforcer l’attractivité économique du Sénégal.
La lettre conclut en rappelant que les PME/PMI sont le « socle de notre économie » et des pourvoyeuses d’emplois essentiels. Elle exhorte le gouvernement à garantir un traitement juste et diligent des paiements qui leur sont dus, afin de préserver leur viabilité.

